Le marathon de Berlin est réputé pour être exceptionnel. Spoiler : Oui, le parcours du marathon de Berlin est très rapide, la météo est optimale, l’ambiance top et la densité de coureur aide à réaliser des gros chronos !
Aujourd’hui je vais vous raconter en détail mon expérience sur ce marathon de Berlin historique puisqu’on a vu le record du monde du marathon battu par Eliud Kipchoge en 2h01’09 ! Même s’il a tenté de passer sous les 2h au marathon avec un chrono de 59’51 au semi, sa course a quand même été exceptionnelle et sa joie à l’arrivée était immense ! Une joie à l’image de la mienne, c’est parti pour le récit de mon 6e marathon ! Je vous mets la vidéo, le récit écrit est en dessous ! :)
Ce marathon de Berlin avait très mal démarré !
Je répète à longueur d’année que la dernière semaine avant le marathon et en particulier la veille on veut passer son temps à se reposer le plus possible ! Et autant dire que ça ne s’est pas passé du tout mais alors du tout comme ça pour moi. Départ de Font Romeu à 10h le vendredi après un super affûtage en altitude. Jusque-là tout allait on ne peut mieux.
J’étais censé arriver à Berlin le vendredi soit vers 22h30. Je suis au final arrivé le samedi à 14h30. Retard de 4h au départ de Toulouse, correspondance manquée et gros bordel entre deux, des kilomètres de marche et à piétiner le samedi (25 000 pas selon ma montre). L’expo pour aller chercher le dossard étant énorme là aussi on marche beaucoup. Bref à la veille du marathon je me sens fatigué comme jamais.
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Jour de course : On oublie et on se concentre sur le marathon !
Au final, j’ai bien dormi, mon hôtel est proche et l’organisation du marathon de Berlin est réputée très fluide. Donc je décide de maximiser mon sommeil et mon repos en partant 45′ avant le départ seulement. Stratégie payante, je suis dans mon sas à 5′ du départ sans stress. Tout a été fluide, j’ai pu faire mes 10′ d’échauffement habituelles et j’ai même pu échanger avec quelques abonnés au passage. Très bon point pour ce marathon !
J’arrive pile pour la présentation d’Eliud Kipchoge dans le sas de départ, ça donne des frissons de pouvoir courir avec lui !

Confiance en soi : Je me répète mon mantra avant le départ !
Je me répète mais c’est ce que je dis à tous les coureurs à longueur d’année : 80% du travail est fait à l’entraînement, si on a été sérieux, il n’y a plus qu’à dérouler le plan ! À moi de ne pas me contredire aujourd’hui en gérant au mieux ma course ! Je sais que je suis prêt donc ça ne peut que marcher !
À ce moment, je repense à cette prépa qui avait mal démarré avec un covid aux séquelles sur près de 3 mois. Pourtant, je suis resté motivé, concentré et j’ai redoublé d’effort tout l’été pour suivre à la lettre mon plan d’entraînement Campus.coach. C’est tout l’avantage d’une prépa sérieuse, je suis calme, serein, sans stress, confiant en fait car je sais que j’ai les jambes avec les belles séances réalisées à font Romeu. Et surtout j’ai envie comme jamais de courir ce marathon et d’aller chercher le 100% que j’ai en moi aujourd’hui !
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Départ du marathon de Berlin : Magnifique !
Sur ce départ, je suis au fond de sas 2h42. Je vise un sub 2h40 à minima mais c’est volontaire d’être derrière pour ne surtout pas partir trop vite (l’erreur principale sur marathon). Au final, je me rends vite compte que le rythme est un peu lent donc au bout de 300m je me fraye un passage sur cette large avenue pour aller me caler dans le groupe de ceux qui sont à mon allure prévue de 3’45/km.
Et il y en a vraiment beaucoup, c’est à la fois grisant d’entendre toutes ces chaussures claquer au sol en rythme et difficile car il faut réussir à se placer dans ce peloton, ce qui n’est pas habituel quand on s’entraîne seul toute l’année !

Le 1er km sonne en 3’49
Spoiler : Je crois que c’est le plus lent de ma course ! Je dis souvent qu’il ne faut jamais s’exciter au départ d’un marathon. Ces quelques secondes qu’on peut perdre ne valent rien pr rapport à celle qu’on peut perdre plus tard si on part trop vite. Donc à ce moment je souris intérieurement car je me dis que, au moins, je respecte les conseils que je donne à longueur d’année !
J’avais peur d’avoir un petit peu frais au départ donc j’ai mis des manchettes mais ai final j’ai déjà chaud, je commence à transpirer. Mes conditions idéales sont entre 5 et 10 degrés, on est un peu au-dessus mais ça reste très agréable !
>> Sur cette course j’utilise les Nike AlphaFly 2 (les mêmes que Kipchoge !)
Quelle facilité à courir à allure marathon !
Comme a chaque marathon je suis impressionné par la facilité que j’ai à courir à l’allure marathon prévue. Je me revois encore début juillet à attaquer des 1 000 m à 3’45 et me dire « je ne vois pas comment je pourrais la tenir 42 km ». Et là pourtant j’y crois totalement. Je suis un métronome je connais le rythme par cœur pas besoin de regarder la montre, ça déroule c’est tellement plaisant !
Du coup je m’amuse sur ce début de course ! Je filme, je souris aux spectateurs, je les regarde nous encourager. Bref comme souvent je kiffe cette balade qu’est le début de marathon. C’est l’état de grâce que l’on a travaillé à aller chercher pendant toute la prépa marathon c’est vraiment cool quand on y est ! Il faut profiter de ces moments, et là c’est 100% le cas, j’ai le sourire tout le long !

Concentré sur les détails : allure, ravitaillement, relâchement
Je suis heureux de courir. Mais ça ne m’empêche pas de rester concentré sur ma course ! L’allure est parfaite, je pense à mon ravitaillement, une gorgée de boisson énergétique tous les kilomètres, et le premier gel a 40’ de course. Bref, je sais que cette stratégie marche, je la respecte donc à la lettre, je suis hyper confiant là-dessus. J’essaye de boire un petit peu d’eau en plus aux ravitos mais les verres sont en plastique du coup impossible de faire un V comme avec un gobelet en carton pour boire ! On s’en fout plus sur la gueule que dans la gueule, dommage car je n’ai pas pu boire autant que je l’aurai voulu !
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Passage en 37’10 au 10k
J’hallucine toujours en voyant ce genre de chrono car je me dis qu’il y a quelques années c’était mon record au 10km. Je courais même 39’ au 10 km quand j’ai commencé Running Addict. Et là je suis en totale balade à courir 37’ sur le premier 10k d’un marathon, bref tous les voyants sont au vert !

1h18 min20 au semi soit 2h36’40 sur le marathon ?
Je suis sur les bases d’un chrono stratosphérique pour moi. Un chrono que j’imaginais seulement dans mes rêves les plus fous ! C’est mon plan A, le plus rapide que j’ai prévu, seulement si tout se passe de manière parfaite ! C’est loin d’être gagné, mais pour le moment je suis à l’aise à cette allure, donc pas de raison de douter !
Et puis je ne le sais pas encore à ce moment mais on est sur une course historique. Pour la première fois sur un marathon officiel, le semi est bouclé en moins d’une heure. Kipchoge passe en 59’51 à plus de 21km/h, c’est 5km/h de plus que moi, c’est tout simplement hallucinant !
Un 1er tournant : le 27e km
Sur le 27e km, je commençais doucement à me faire endormir par le marathon. C’est un moment un peu plus difficile du marathon comme il y en a toujours. Suffisamment loin de l’arrivée pour se dire que ça peut vite devenir très long. Mais suffisamment proche pour en remettre un peu si on est confiant.
On est aussi dans la petite cote du parcours avec 2kms à 1% de pente moyenne. Je me décide à relancer un peu pour ne pas la subir et maintenir une allure de 3’45 malgré ce faux plat montant. À l’inverse les kilomètres 29 et 30 sont en faux plat descendant donc ça déroule je me fais plaisir avec des chronos sous les 3’40/km.
30e kilomètre : Toujours sur les bases d’un sub 2h37 !
Je fais les calculs de tête et mes calculs sont bons ! Ce qui est bon signe au 30e, c’est qu’on est encore lucide ! J’aime faire ça pour me rendre compte si je le suis et aussi pour occuper un peu mon cerveau et ne pas penser aux jambes qui commencent à faire mal !
Et je prends vraiment conscience de ce chrono de 2h37 et des 3’43 de moyenne que ça représente. C’est le déclic qui me fait passer dans cet état de flow qu’on recherche tous sur le marathon ! On oublie les douleurs et la fatigue, on kiffe et on se sent invincible, on a l’impression que plus rien ne peut nous arrêter ! Donc je relance et je vais même courir mon 5 km le plus rapide entre le 30e et le 35e en 18’28, c’est fou !

Le mur du marathon à l’horizon ?
Sur mes marathons précédents, j’ai souvent pris le fameux mur du marathon entre le 30e et le 35e. Boston il y a 6 mois n’avait pas dérogé à la règle même si j’ai réussi à finir correctement au mental. Cette fois je passe le 35e avec beaucoup de fatigue évidemment mais le sentiment de maîtriser encore ce que je fais.
Le mur se présentera au final de manière progressive entre le 37e et le 40e kilomètre. La difficulté augmente de manière exponentielle à ce moment. C’est là que tout se joue sur le marathon. Il est tellement facile de lâcher face à la difficulté. Mais je suis plus motivé que jamais et tenir 5km me semble jouable !
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LE moment clé du marathon, face à soi-même !
Et j’en ai besoin car l’euphorie est vraiment passée, je suis au fond du trou au km 39. Ma vision se trouble, j’ai des débuts de crampes aux quads qui arrivent. Bref tout mon corps me hurle de ralentir. Mais ça fait des semaines que je visualise ce moment, que je l’attends.
Je suis face à soi-même, face à la difficulté extrême du marathon, tout est dans mes mains ! C’est à moi de choisir de ne pas renoncer, choisir de ne pas ralentir ! Ce moment est aussi difficile que fort car j’ai ma sœur sur le côté qui m’encourage et qui filme en courant à côté de moi, ça me booste énormément ! Et puis je sais à quel point ça sera gratifiant et bon pour la confiance en soi de réussir à ne pas lâcher. Avec l’expérience de mes marathons précédents je suis déterminé comme jamais à tenir !

520e au départ, 330e au 40e km !
Il y a un autre élément qui est grisant depuis le début de la course, c’est que je passe mon temps à doubler des coureurs. C’est bon pour le moral parce que même si on a mal aux jambes, même si on est dans le dur, ça nous force à nous dire qu’on est plus solide que tous ces coureurs et qu’ils doivent avoir encore plus mal.
Malgré tout au 40e, je perds le fil
Ne pas ralentir, c’est le plan ! Ça ne veut pas dire que ça se passe exactement comme ça dans la réalité. J’ai des crampes aux quads puis aux ischios, au mollet même dans les pieds et aux abdos sur ce 40e kilomètre. Bref je suis sur une ligne de crête, à tout moment je peux tomber dans les abysses et perdre tout le bénéfice de ma course.
Dans ma tête j’ai vraiment l’impression de ne plus avancer du tout. En réalité ces 2 derniers kilomètres restent solides à 3’50/km, preuve que la prépa a été solide ! Et quand je vois au loin la porte de Brandebourg qui signe le dernier 300 m de ce marathon, je pense être loin des 2h36 désormais mais je me dis que je n’ai rien à perdre donc je relance !
Sprint final de ce marathon de Berlin 2022
Et comme souvent sur une fin de course, au mental on trouve des ressources au plus profond de soi pour aller jeter ses dernières forces dans le sprint final. Là où j’avais du mal à courir à 3’50 il y a encore une centaine de mètres, j’arrive à passer à 3’40 puis à 3’30 et même à 3’20 sur la toute fin. Je sais que ça va vite et malgré la douleur c’est un plaisir que de finir fort ! Je devine un 2h36 au chrono au loin et je me dis que j’ai encore une chance alors je lâche tout jusqu’à passer la ligne.
2h37’02 sur la ligne du marathon de Berlin ! C’est raté pour le sub 2h37 mais impossible d’être déçu d’un record battu de près de 5’ depuis le marathon de Boston. Bon à ce moment c’est un peu tôt pour célébrer, je suis dans une douleur extrême accroché à ma barrière. Et puis d’un coup la charge nerveuse de la course et d’une avant course stressante retombe. Je tombe en pleurs pour la première fois après une course !

Ma meilleure course à vie ?
Beaucoup d’émotions, les nerfs qui se relâchent après le stress de la veille. J’ai vraiment eu peur de ne pas avoir la forme voulue à cause de ces problèmes de voyages. Des larmes de soulagement aussi parce que je m’étais dit que ce marathon était la fin d’un cycle. Je comptais beaucoup sur lui pour réussir ma performance de pointe. Toutes les cases sont cochées et maintenant je dois me demander quels seront mes prochains défis. J’ai quelques idées et je vais vous en parler dans l’épisode final d’Imparfait ! ;)
Merci à tous de m’avoir suivi et encouragé tout au long de cette prépa, vous ne le savez pas à quel point ça compte pour moi ! Et si vous voulez en savoir plus sur le marathon de Berlin RDV sur le live du débrief ! 😉


Beau chrono, belle gestion de course, bravo !!
Les larmes sont celle de la joie du chrono avec un RP, la délivrance de fin de course et toute la charge physique + mentale des semaines de préparations.
Bonne récupération.
On a tous pleuré après un Marathon !
Tellement cette distance réserve d’émotions diverses et variées…
Tu es un Excellent Marathonien qui a tout donné, et tout lâché, mai seulement à la fin !…
Tu peux être très fier de TOI, Nicolas !…
Bonjour Niko
Un an après ton exploit de Berlin , je (re) lis ton récit, car, pour moi aussi, dans une semaine, ça sera le grand jour là-bas!!!
Pleins de questions pratiques liées à l’organisation me viennent à l’esprit (et dont je ne trouve pas les réponses sur le site de l’organisation)
Pourrais-tu m’aiguiller stp?
– je ne pourrais aller retirer mon dossard que le samedi (matin), moi aussi. Est-ce “le gros bazar” avec de longues files d’attentes ou bien “relativement fluide”?
– Je n’arrive pas à identifier mon SAS sur le dossard (je pense que c’est le B). et je ne trouve pas les intervalles de temps sur le site… Sais-tu, pour un chrono rêvé de 2h44 , si je suis dans le bon SAS et quels en sont les temps min et max (et y a t’il un meneur d’allure 2h45 ou celà commence t’il à 3h?)
– Enfin, Si je souhaite être positionné en début de SAS, penses-tu qu’il faut y être “longtemps à l’avance” (notamment pour éviter les cohues du départ….) et est-ce que les accès sont faciles)?
Voilà.
Je crois que tu fais Valence cette année!
Je l’ai fait l’an dernier et te souhaite de battre ton chrono sur ce marthon TTRES plat aussi! (mais tu connais déjà le coin…:)
Encore bravo et merci pour tes vidéos très enrichissantes!
Amitiées