En voilà une expression à la mode : sortir de sa zone de confort pour progresser ! C’est devenu tellement courant comme phrase qu’on ne sait même plus ce que ça veut dire… C’est même devenu un argument marketing ! « Just do it », « Impossible is nothing » pour ne citer que les plus connus. Mais de la multinationale de sport à l’instagrameur en passant par le blogueur qui veut aider les gens à progresser (vous voyez de qui je parle ? :)), on utilise cette formule à toutes les sauces.

Mais si on commençait par prendre le temps de se demander ce que ça veut dire que sortir de sa zone de confort ? Et à quoi ça sert ? Et puis est-ce vraiment pour tout le monde ? On peut aussi rester dans sa zone de confort et très bien le vivre non ? Bref je ne vais pas vous spoiler, je vais aller dans le détail de chacun de ces points dans la suite de cet article !

Que veut dire sortir de sa zone de confort ?

La base pour commencer avec une définition que je trouve très sensée. « La zone de confort est un état psychologique dans lequel une personne se sent à l’aise. Dans cette zone, elle peut garder le contrôle tout en éprouvant un faible niveau de stress et d’anxiété. Dès lors, un niveau constant de performance est possible » (source : Wikipedia). Ça résume tout et principalement le fait que sortir de sa zone de confort veut dire augmenter son niveau de stress. Quand tout va bien, qu’on maîtrise son environnement et ce que l’on fait, on est peu stressé.

Mais dès que quelque chose vient nous sortir de ce terrain connu, le stress augmente. C’est vrai dans la vie, c’est vrai aussi dans le sport. Si on veut être totalement zen, il faut rester dans sa zone de confort le plus souvent possible ! Mais alors pourquoi faudrait-il sortir de cette zone de confort si c’est pour se stresser…

il faut sortir de sa zone de confort pour progresser

Sortir de sa zone de confort pour progresser, ça marche ?

Si on veut progresser, il faut sortir de sa zone de confort, on n’a pas le choix. Et si vous vous attendiez à ce que je vous dise le contraire c’est raté. On peut même dire que plus on réussit à sortir de sa zone de confort, plus on va progresser (jusqu’à un certain point que j’évoquerai plus bas). Pourtant, plus on va sortir de sa zone de confort plus on va créer du stress pour l’organisme. Et le stress c’est mauvais, on nous le dit tout le temps. Il y a quelque chose qui cloche, non ?

Le problème c’est qu’on voit uniquement le mot stress dans son côté négatif. Oui le stress est mauvais pour la santé si on en accumule trop. Mais c’est aussi le stress qui va stimuler l’organisme et l’obliger à progresser. Car si on cherche à rester dans notre zone de confort de manière consciente, notre corps fait la même chose sans qu’on s’en rende compte (les deux sont liés).

Niveau de stress optimal, progression optimale !

Au contraire, lors d’un entraînement difficile, où on sort de notre zone de confort, l’organisme est challengé. Il va se sentir obligé de se renforcer pour éviter “d’être dans le dur” au prochain effort de ce type qu’on lui imposera. On pourrait alors dire que vouloir progresser est contraire à la logique de fonctionnement de notre corps ? C’est en partie vrai. Mais l’être humain a toujours été challengé dans son évolution. Il a toujours dû sortir de sa zone de confort malgré lui. C’est naturel et c’est ainsi qu’il s’est construit.

Et si n’on abuse pas de ce processus, les résultats sont là et on ne prend pas de risque pour sa santé pour autant. En bref, le stress est bon si on en applique une juste quantité. Sans oublier que le stress général se cumule, une vie stressante diminue donc le potentiel de progression, mais c’est un autre sujet à lire ici.

>> À LIRE : Bien gérer la fatigue de son entraînement pour mieux progresser

Savoir sortir de sa zone de confort : intelligemment !

Vous l’aurez compris, il faut jouer intelligemment avec sa zone de confort. Bien utilisé, c’est très efficace ! Mais trop c’est trop et c’est même pire ! Si on espère que plus on va sortir de sa zone de confort, plus on va progresser… C’est malheureusement faux ! On a tous une capacité différente à gérer le stress. On a une limite au stress que l’on peut accumuler et qui va être bénéfique. Passé cette limite, tout stress supplémentaire va être contre-productif. Si le corps n’est plus capable de le gérer, il va alors se mettre en position de défense contre ce stress. Au lieu de progresser, on stagne, on régresse ou pire, on se blesse…

C’est là que la quantification du stress de chacun de nos entraînements est donc primordiale. Un gros entraînement, où on va beaucoup sortir de sa zone de confort est très bénéfique pour progresser. Mais il faut ensuite attendre que le niveau de stress redescende suffisamment avant de faire un autre gros entraînement. Sinon c’est le surentraînement comme je l’ai évoqué plus haut.

il faut sortir de sa zone de confort pour progresser

C’est là aussi qu’intervient l’importance de l’endurance fondamentale. Car un footing de récupération au lendemain d’une grosse séance peut être très bénéfique. Mais il peut aussi avoir un effet catastrophique si on le fait trop rapidement ! Le but est de récupérer et donc d’être très loin des limites de sa zone de confort ! Au contraire sur un footing, on doit être en total contrôle et ne pas générer de stress ! Les progrès que l’on peut faire grâce au footing sont indirects, ils demandent 0 effort pour y arriver ! Profitez-en, c’est le moment de se relaxer pour pouvoir tout donner sur les grosses séances…

>> À LIRE : Savez-vous vraiment pourquoi l’entraînement fait progresser ?

Connaître les limites de sa zone de confort et jusqu’où aller !

Ça parait simple, mais ça l’est beaucoup moins que vous l’imaginez. Pour une séance de VMA courte de type 30/30, c’est assez facile à trouver cette limite et à sortir de sa zone de confort. C’est pour ça que c’est une séance classique que l’on propose aux débutants en fractionné (voir d’autres ici). Mais quand on parle de séances de fractionné où on enchaîne des 500, des 1 000 ou des 2 000 m, ça demande de l’expérience. Il faut apprendre à connaître ses sensations pour savoir le bon niveau d’effort à mettre. Car si on veut sortir de sa zone de confort pour progresser, c’est quelque chose qui doit être graduel.

Que ce soit à l’entraînement ou en compétition, on commence toujours par avoir une impression de confort au début. En étant frais et reposé, ça fonctionne bien ! C’est quand la machine s’emballe et que la fatigue monte que la tendance s’inverse et qu’on doit sortir de sa zone de confort pour maintenir le rythme. C’est aussi pour ça qu’essayer de gérer ses efforts avec un léger Negative Split (voir ce concept ici) est vraiment utile.

Jouer avec ses limites et avec sa zone de confort !

Une chose est sûre, quand on est dans le dernier quart d’une importante séance de fractionné et encore plus d’une compétition, on doit vraiment se sentir en dehors de sa zone de confort ! C’est à ce moment où l’on a le plus grand rôle à jouer. Quand tout va bien on doit juste s’assurer d’être dans le bon rythme, de ne pas trop en faire. Mais tout se joue quand « on est dans le dur » et que seule notre volonté peut nous faire avancer ! Au final, progresser en course à pied, c’est jouer avec cette zone de confort ! Enfin je dis ça mais, ce n’est pas obligatoire…

il faut sortir de sa zone de confort pour progresser

Ce n’est pas fait pour tout le monde !

Sur Running Addict je traite beaucoup de comment s’entraîner pour progresser. Ça ne veut pas dire que c’est la seule voie possible ! La priorité doit toujours rester de prendre du plaisir à courir. Si ce plaisir passe par la performance et le dépassement de soi, tant mieux ! Mais si ce n’est pas le cas, je ne pense pas qu’il faille se forcer ! Pas envie de vous entraîner dur, de vous faire mal et de sortir de votre zone de confort ? Ce n’est pas grave !! Il faut simplement être cohérent avec soi même dans le choix de ses objectifs !

Dans ce cas il ne faut pas afficher comme objectif de progresser mais juste de prendre du plaisir. Au début il y aura quand même des progrès, même avec un entraînement peu intense. Assez de progrès pour prendre du plaisir à courir. Mais arrivé à un certain point, sans stress, le corps ne mettra rien en place pour progresser. À ce moment, vous allez stagner. Mais si vous avez un niveau qui vous suffit pour être à l’aise lors de vos footings, à vraiment apprécier ce moment, qu’importe ? Cette pratique relax de la course à pied devient alors un puissant anti-stress pour échapper au quotidien, profitez-en !

Je suis maso j’aime sortir de ma zone de confort !

Comme beaucoup de coureurs me direz-vous ! Mais jusqu’à quel point êtes-vous capable d’aller ? En particulier sur les compétitions, c’est toujours un moment de vérité ! Celui ou ça devient vraiment difficile et où notre corps ne demande qu’à arrêter ou au moins à ralentir. C’est tellement difficile, alors que pourtant la réponse à donner est on ne peut plus simple… On peut toujours donner plus, les limites de notre corps sont infiniment plus loin que celles de notre zone de confort ! Mais le cerveau est puissant pour essayer de nous empêcher d’aller dans ce type de zone… Chez les sportifs de haut niveaux, c’est même là que tout se joue… C’est souvent celui qui réussit à puiser le plus loin dans ces ressources qui gagnera…

Désolé, je me suis pas mal étendu sur le sujet, mais vous aurez compris qu’il me passionne ! J’espère que vous aurez trouvez ça intéressant aussi ! 🙂

Athlète touche à tout, de l'athlétisme à la route en passant par le trail et même le duathlon. Autodidacte passionné des méthodes d'entraînement, je suis mon propre coach depuis 6 ans et applique ma devise "S'entraîner sérieusement sans se prendre au sérieux" pour progresser tout en prenant un maximum de plaisir !

1 COMMENT

  1. Merci beaucoup Niko pour cet article.
    Je l’ai trouvé très intéressant !

    Je te le dis tout de suite, tu as bien fait de t’étendre sur ce sujet
    En effet, cette notion de zone de confort est beaucoup citée et utilisée mais finalement beaucoup de choses se cachent derrière elle.

    Je te rejoins sur le fait qu’il est nécessaire de sortir de cette zone pour progresser.
    En effet, si on réalise toujours la même séance alors on va stagner.
    Ainsi, il est effectivement utile de générer du stress pour progresser afin que le corps s’adapte à la nouveauté.

    En tous les cas, je suis entièrement d’accord avec toi sur le fait qu’il faut apprendre à se connaître et que cette technique n’est pas obligatoire. Toutefois, je pense que tôt ou tard un sportif ressent l’envie de progresser et par conséquent il devra sortir de sa zone de confort

    Pour conclure, je dirais “Sortez de votre zone de confort mais avec prudence en étant à l’écoute de votre corps”

    Niko, je te remercie à nouveau d’avoir su aborder une notion de manière aussi intéressante !

    Au passage, bon courage pour la suite de ta préparation au qualification du championnat du monde de Nice

    Dans un contexte comme celui-ci je pense que tu dois souvent devoir jouer avec ta zone de confort, non ?

    Je vous souhaite à toutes et à tous un très bon entraînement.

    Julien GONZALVES, un autre passionné de course à pied

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