Nouvelle rubrique aujourd’hui pour vous les runners, celle des portraits / interviews que j’inaugure aujourd’hui sur un sujet mythique : le marathon. La distance reine du fond est aujourd’hui prisée de tous et devenir “Finisher d’un marathon” est une consécration. Pour les assidus de la distance un autre mythe existe, le clan des sub 3h. Et j’ai la chance d’avoir un beau-papa nommé Bruno, retraité de la route et affichant un record à 2h53’57. Flashback sur cette performance, les sacrifices endurés pour y arriver et l’addiction à l’effort physique qui en découle.

Profil d’un marathonien accompli

“On ne nait pas marathonien, on le devient”, cette formule est bien connue et résume le chemin à parcourir avant de pouvoir prononcer ces mots magiques “je suis marathonien”. Et donc, quel cheminement pour arriver jusqu’au marathon Bruno ? “J’ai toujours aimé courir ! Des 10kms, des 15kms puis des semis (toute la Normandie y est passée : Bolbec, Fécamp, Allouville, Bellefosse…) et enfin le marathon. De notre temps la course à réaliser était Tancarville et ses 20kms. Le passage du pont.. La route est à nous.. Une sensation de plaisir extrême! De là à faire le marathon il n’y avait qu’un pas !” Un cheminement classique en somme diront certains, une inconnue totale tant que la distance n’a pas été couverte : “Pour moi ça a toujours été extraordinaire de faire une si grande distance sans rien pour dire, que nous même pour y arriver”.

au départ du marathon de florence pour un chrono en moins de 3h au marathon
Photographie du journal local, les marathoniens havrais à l’assaut de Florence !

L’entrainement des moins de 3h au marathon : une philosophie!

“Il est évident que mes réponses seront très personnelles, que mon type d’entrainement ne sera pas du goût de tous. Pour moi le principal c’était de taper des entraînements pour persévérer au maximum. Jusqu’à trop en faire même dans l’effort. Je me rappelle avoir couru un jour un 25km alors que je n’étais à peine bon que pour faire le 11km qui m´était aussi proposé. Chacun choisit mais des fois on n’en demande trop à son corps. Mais quand on aime on ne compte pas… Même quand on se blesse, on y retourne parce qu’on pense toujours s’améliorer!” Jusque là le Running Addict se retrouve facilement dans cette envie de toujours progresser, toujours en faire plus pour y arriver…

Mais entrons un peu plus dans la préparation spécifique au marathon… “Avec la préparation nos jambes ont un gros potentiel d’envie à mettre à bien, tout l’entrainement avalé durant ces 2 mois intensifs de 4 a 5 sorties par semaines. Le plus dur pour moi était forcément le fractionné. Sur la piste, ce qui m’a toujours épaté c’était d’être déjà mal au 4ème 400m d’une séance qui en compte 10 par exemple. Et par je ne sais quelle force de courage mental, on arrive toujours à finir sans trop de bobos.”

Du fractionné long était bien sûr au programme avec 3x2000m puis au fur et à mesure des semaines 4×2000, 3×3000… Jusqu’à 3x5000m. “Très dur pour finir.. Mais même si l’on est seul ce jour là pour l’effectuer, il faut penser au jour J, qui nous stimule tant!”


>> Psychologie d’une séance de fractionné

Comment courir moins de 3h au marathon?

On l’a compris précédemment, le mental est une arme indispensable à la performance. “Je pense que plus que le physique c’est ma volonté qui m’a poussée à aller plus loin. Dans le marathon en plus, la distance fait que c’est toujours un exploit.”

Savoir se dépasser pour franchir la ligne en moins de 3h au marathon
Savoir se dépasser pour franchir la ligne en moins de 3h au marathon

“Pour ce fameux marathon record de Florence, j’étais concentré de bout en bout! C’est dire la forme du jour!” Coller à son plan de route, ne pas en dévier pour réussir la performance visée, toute la sagesse nécessaire pour réussir sur marathon. “En plus, on croise les premiers coureurs sur ce parcours qui se fait en 2 boucles. C’est ainsi que l’on cherche son coach qui nous précède. Cela motive toujours puisqu’on oubli quelque peu les douleurs. Et lorsque je l’ai croisé, après le semi je pense, je me rappellerai toute ma vie quand il m’a lancé ces 2 mots: BATS-TOI! Qui n’a pas manqué de me motiver davantage.. Si bien qu’après je n’hésitai pas a m’encourager à voix haute en fin de parcours. Les derniers kilomètres j avais encore des ressources pour bien terminer (photo a l’appui ci-dessous), c’était une superbe journée!”

L’après course, l’euphorie, les jours qui suivent

Savoir que l’on a réalisé une performance, c’est sûrement le meilleur remède du monde pour oublier la douleur! Mais dans quel état est-on à l’arrivée d’un marathon, une fois l’objectif atteint? “Forcément euphorique! La récupération est fonction du passif du marathonien et de l’entrainement effectué pendant les longues semaines de préparation. Le surlendemain on est bien ko c’est sûr.”

Un dernier commentaire ?

“L’aventure du marathon est toujours formidable comme à Paris, en liesse au départ, concentré au semi et le tout pour le tout a la fin!” C’est dit… Et avec ma petite expérience de deux marathons donc celui de Paris, je ne peux que confirmer l’intensité physique et émotionnelle de ce type d’épreuve…

Athlète touche à tout, de l'athlétisme à la route en passant par le trail et même le duathlon. Autodidacte passionné des méthodes d'entraînement, je suis mon propre coach depuis 6 ans et applique ma devise "S'entraîner sérieusement sans se prendre au sérieux" pour progresser tout en prenant un maximum de plaisir !

9 COMMENTS

  1. Tout le monde n’est pas capable physiologiquement de réaliser cette performance, je pourrai m’entrainer tout les jours que cela serait totalement impossible.
    Nous avons chacun un patrimoine génétique et certains sont plus favorisés que d’autres…
    En tout cas bravo pour ce bel interview.

    • Est ce que le patrimoine génétique est si important ? un coureur qui s’entraine sérieusement ,bien encadré ,motivé et dés son plus jeune age ne peut il pas franchir cette barre des 3h ? je parle pas de faire 2h15 ou moins ou la on rentre dans le professionnalisme .

      • Entièrement d’accord je pense que quasi tout le monde peut passer les 3 heures mais tout le monde n’est pas près encaissé 80-100 km et 6 sorties par semaine…

  2. Sympa de voir parler de Bolbec !!! Tu as déjà fait le semi là-bas avec le passage dans le parc du chateau de P. de Coubertin. Bel article qui donne envie de se lancer sur la distance reine

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