La psychologie d’un entraînement fractionné est très spéciale et je vais essayer de vous expliquer ma vision. On est pas dans du conseil running classique ici vous l’aurez compris avec le mot « philosophie ».

L’entraînement fractionné, c’est en effet l’apologie de la progression en course à pied. Ces séances sont à la fois le rêve du coureur et son pire cauchemar. Son rêve car l’entrainement fractionné est redoutable d’efficacité (je vous en parle ici).

Que ce soit pour se préparer à une compétition objectif ou augmenter sa VMA, il n’y a aucun doute, c’est efficace. Mais c’est aussi le pire cauchemar du coureur. Car s’attaquer à une séance de VMA, c’est accepter de souffrir et de « se faire violence ». Je dirais même qu’il faut « débrancher le cerveau ». Et surtout ne pas écouter cette rengaine qu’il voudrait nous imposer. Son but est de nous faire ralentir, mais pour progresser on doit sortir de notre zone de confort pendant la séance.

La psychologie d’un entraînement fractionné commence des heures en avance…

Le jour J est arrivé. celui d’une grosse séance d’entraînement fractionné.

Vous savez, celle que l’on regarde sur le papier en se disant « Je ne vais jamais réussir à tenir le rythme… ». On la redoute donc on y pense avant même que l’heure de l’entraînement soit arrivée. C’est comme si on avait une compétition qui approchait.

On a envie d’y être pour ne plus stresser et aussi de l’avoir finie pour le soulagement que cela apporte. Au moment de se changer, puis lors de l’échauffement, la pression monte d’un cran. On commence à faire de l’imagerie mentale. On se rappelle à quoi ressemble l’allure, les sensations que l’on doit retrouver. Bref on rentre souvent dans son fractionné avant même de la commencer.

entraînement fractionné

Psychologie d’un entraînement fractionné : un dialogue interne

Cette fois on est chaud, l’échauffement est complété, on ne peut plus reculer. Il faut y aller. Débute alors ce long dialogue avec soi même. Ce dialogue qui évolue toujours selon la même litanie au fur et à mesure des fractions.

Début de séance : Concentré, motivé, à l’aise

On est concentré, on s’attache à bien suivre le rythme prévu avec sérieux. Car on sait que c’est un moment crucial qui va conditionner la suite de la séance. Malgré tout on se dit déjà « wahou c’est rapide, je vais jamais finir la séance à ce rythme ». La récupération passe vite mais le cœur encore fringant ne monte pas encore trop haut. Bref à ce moment tout va bien.

On rentre dans sa routine de course ou le maître mot est régularité. Pour aller au bout de la séance d’abord mais aussi pour tirer le meilleur de soi. C’est la seule méthode qui fonctionne. L’idéal est toujours de finir une séance plus vite qu’on ne l’a commencé. Le cœur commence déjà à s’emballer et la confiance n’est déjà plus au beau fixe.


Milieu de séance : Plus on avance, plus c’est dur

Plus on avance, plus c’est dur, mais c’est normal ! C’est ça la psychologie d’un entraînement fractionné ! Les fractions s’enchaînent… et c’est de plus en plus dur. Quel que soit le type de séance, qu’elle soit courte ou longue c’est toujours pareil. Qu’on ai 20 fractions à réaliser ou seulement 3, on découpe toujours la séance en 3 tiers. Le premier tiers était facile si on a été sage, le deuxième tiers est crucial !

Et arrivé à la moitié, on entre dans la période où le corps est au maximum. On a envie de voir le verre à moitié plein en se disant que ça va passer… Que la deuxième partie de l’entraînement fractionné se fait de toute façon toujours au mental. Mais justement est-ce qu’on aura cette force mentale ? Car c’est justement au milieu de la séance que c’est le plu dur. La fin est encore loin au final ! Quel niveau d’effort doit-on mettre pour aller au bout sans exploser ?

On ne veut pas exploser, mais on ne veut pas non plus être sur la retenue et se dire en fin de séance : zut j’aurais dû aller plus vite tout à l’heure… C’est la beauté de l’énigme que l’on doit résoudre : la réponse est en nous !

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Fin de la séance : C’est maintenant qu’il faut être fort !

Dans le dernier tiers, la psychologie d’un entraînement fractionné est à son paroxisme. On arrête les calculs, on s’en sert juste pour se motiver et donner son meilleur ! Plus que trois ? Plus que deux ? Le cardio est à plein régime, on a l’impression qu’il ne redescend plus pendant les récupérations. Évidemment les jambes brûlent aussi et ne demandent qu’à s’arrêter…

Et pourtant c’est là que l’on arrive le plus souvent à trouver les ressources pour en remettre un petit peu. Ce petit peu qui permettra de maintenir l’allure jusqu’au bout. Ce petit peu qui nous donnera la satisfaction du devoir accompli une fois la dernière fraction passée.

Fin d'un entraînement fractionné, on a tout donné, on en peut plus... mais on est content!
Fin d’un entraînement fractionné, on a tout donné, on en peut plus… mais on est content ! Maso les coureurs !

La psychologie d’un entraînement fractionné est magnifique !

Et je ne sais pas pour vous mais c’est étrange à dire dans ces moments, il y a toujours une notion de plaisir. Très intérieur, mais le fait de souffrir et d’avoir réussi à se dépasser pour le faire est vraiment une sensation addictive… Stress, Souffrance physique et mentale, on retrouve tout ça dans un entraînement fractionné… Bref le dépassement de soi est de mise, ça fait partie de la course à pied et j’aime ça !

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Athlète touche à tout, de l'athlétisme à la route en passant par le trail et même le duathlon. Autodidacte passionné des méthodes d'entraînement, je suis mon propre coach depuis 6 ans et applique ma devise "S'entraîner sérieusement sans se prendre au sérieux" pour progresser tout en prenant un maximum de plaisir !

18 COMMENTS

  1. Un article très juste, qui traduit parfaitement ce qu’on peut ressentir quand on s’investit dans une séance de fractionnés. Quand je galérais à finir mes frac, au début de ma reprise, ça m’avait beaucoup aidé que Cédric me prépare psychologiquement. Il me disait « je te préviens, tes 400m, tu vas y penser le matin, le midi, tu vas stresser un peu, mais il FAUT que tu les passes ». Tout ça, c’est vrai, c’est surtout une disposition mentale qu’on prend, un investissement psychologique. Et ça aide pour la suite ! Pendant mon semi, je me disais « bon, c’est inconfortable là, mais est-ce que c’est pire que mes 10X400m ? Non ! Donc, tu y vas ! ».
    Bref, merci pour cet article ! 🙂

    • Merci! 🙂
      J’ai me bien la fin de ton commentaire car c’est parfaitement ça! J’aime beaucoup la phrase « Train Hard, win easy » (bon ok win c’est notre objectif hein pas win au sens propre!). Si l’entrainement est parfois si intense, c’est pour que le jour de la compet on soit prêt, on soit guerrier pour se battre contre soi même!

  2. Classe ton post ! C’est carrément ça. Et c’est encore plus fort quand on galope en meute. Tiens, l’autre coup, j’étais calé derrière mon entraîneur, avec un pote à ma droite, dans le 3ème (2x 3000/1000) fract j’étais complètement sonné. Plus de son, plus d’image. Je voyais juste ses épaules danser. Et mon pote à droite qui gueulait « vas y ! croches ! croches ! ». Quand tu finis ta séance t’es juste détruit…. mais heureux !!!

  3. Très juste cette analyse du fractionné !
    Quand j’étais jeune, en club, je haïssais ces séances où je me retrouvais tout seul en fond de peloton, incapable de repartir après la récup’. Quand j’ai repris l’entrainement plus « vieux », je lisais partout qu’il fallait faire du fractionné, mais j’étais incapable de tenir cette rigueur tout seul. Puis finalement, avec une montre, une piste : il ne me manquait que le mental. Désormais, il s’agit de mes séances préférés, la piste rien qu’à moi, avec les collégiens du quartier frigorifiés à tenter quelques tours de piste sous les ordres de leur prof, j’adore !

    • @fabien J’en fais maintenant rarement sur piste car je n’en ai pas proche de chez moi mais c’est vrai que la piste ça n’a rien à voir, ça change tout de suite ma vision de la séance à faire. Le mental se met automatiquement en mode piste et le fractionné est plus efficace ! 😀

  4. Super article!
    Je commence juste mes entraînements en fractionné pour améliorer ma (très jeune) pratique du running et passer du 10KM au semi! Je vois que de belles sensations m’attendent!!

  5. Les conseils de cette page sont simples. Je comprend mieux le fractionné. Je vais m’y mettre, car avant j’était réticente. Doucement! Doucement! Je débute. Je pense que je ne suis pas seule à penser cela. Merci

  6. j’ai l’impression que tu plus tu « stresses » sur ta séance de fractionné, plus les endorphines sont là une fois que tu as réussi ta séance.
    Perso c’est les 10×400 qui mettent le plus à l’épreuve psychologiquement (et physiquement bien sur)

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