Courir ou ne pas courir lors d’un pic de pollution ? Telle est la question qu’on m’a beaucoup posé cette semaine. Une canicule / un grand froid s’accompagne comme souvent d’un pic de pollution autour des grosses villes. Et comme je ne suis pas médecin… de base, je n’ai aucun avis sur la question.

Mais j’ai fait quelques recherches pour vous donner un avis plus éclairé. Vous en ferez ce que vous voulez, c’est votre jugement qui prendra ensuite le dessus. Si vous pensez que c’est plus risqué pour votre santé de continuer à courir, restez chez vous. Mais aérez bien… Parfois mieux vaut un air extérieur pollué que de respirer la pollution intérieure de nos maison ! 🙂

Et si le pic de pollution commençait chez vous ?

Je vais commencer par un aparté que je trouve importante… On parle de courir lors d’un pic de pollution et on se demande si c’est une bonne idée. Pourquoi ne resterions-nous pas à l’intérieur à ne rien faire pour éviter de respirer cette pollution ? Pourtant les intérieurs aussi sont pollués ! Il semble cependant que la pollution de l’air intérieur de nos appartements et maisons fasse beaucoup moins les gros titres des médias… Je ne dis pas que la pollution est supérieure à l’intérieur qu’à l’extérieur, je n’ai aucun chiffre pour vous prouver ça. Mais j’ai lu quelques articles et je suis tombé sur ce guide officiel sur la pollution de l’air intérieur créé par l’INPES.

Chacun en tirera ce qu’il veut ! Mais cette pollution là n’est pas présente uniquement pendant les pics. Elle est là tous les jours si on n’aère pas correctement. Donc l’hiver quand on a tendance à beaucoup plus se confiner et moins aérer… On crée peut-être notre propre pic de pollution non ? Bref ce n’est pas le sujet mais… je trouve que ça y a sa place ici ! Ça suffit de me convaincre pour dire que de toute manière, même en ne faisant rien on est exposé à de mauvaises choses donc… autant faire quelque chose ! C’est tout pour l’avis personnel, on revient au sujet de base ! 🙂

>> À LIRE AUSSI : Le seuil aérobie, une allure méconnue mais efficace !

Faut-il courir lors d'un pic de pollution ?

Courir nous expose-t-il plus aux pics de pollution ?

Pour la pollution extérieure, j’ai trouvé intéressant de vous montrer le graphique ci-dessous trouvé dans un article sur LeMonde.fr avec des données de l’ORAMIP. L’activité qui est utilisée pour les comparaisons est la marche et le vélo. Admettons qu’un footing est légèrement plus demandant en terme de ventilation, mais le principe reste le même… On peut voir qu’on est quand même très, très loin de la voiture en terme d’exposition aux polluants…

fut-il courir lors d'un pic de pollution ?

Une étude scientifique sur le sport en milieu pollué

Une grosse étude vient tout juste d’être publiée par le Journal of the American Heart Association. Une étude très importante puisqu’elle a duré 17 ans et concerné 51 868 adultes danois âgés de 50 à 65 ans. Bref, le genre d’étude aux résultats significatifs. Les individus vivaient dans différents environnements, avec différents niveaux d’exposition à la pollution. L’objectif de l’étude était de vérifier si le sport en milieu pollué avait un impact sur le risque de crises cardiaques.

En regardant les résultats, ils se sont rendu compte que oui, vivre en milieu pollué avait tendance à augmenter de manière significative les risques de crises cardiaques… Pas rassurant, mais pas très étonnant non plus… Par contre, les résultats intéressants sont ceux qui démontrent que la pratique du sport permet d’abaisser significativement (de 15 à 58% selon le temps de pratique hebdomadaire) les risques de crise cardiaque… Ça ce n’est pas nouveau, j’en avais déjà parlé dans mon article sur les bienfaits de la course à pied. Ce qui est important ici, c’est qu’il ne semble pas y avoir de différence dans ces chiffres selon le niveau de pollution auxquels les sujets ont été exposés…

En bref, faire du sport serait meilleur pour la santé que de ne rien faire, quel que soit le niveau de pollution auquel on est exposé ?

Faut-il courir lors d'un pic de pollution ?

Adapter sa course pendant un pic de pollution ?

Je ne veux évidemment pas dire qu’on peut courir sans se poser de question ! Ce ne sont que des chiffres et ils s’intéressent uniquement aux crises cardiaques. On ne parle par exemple pas du tout des pathologies respiratoires. Et quand on court, le débit respiratoire s’accélère de manière drastique. En effet, plus l’exercice est intense (proche de Vo2Max, notre capacité maximale), plus ce débit respiratoire va augmenter, jusqu’à plus de 10 fois la valeur au repos. Donc logiquement… on est aussi 10 fois plus exposé aux polluant si on décide de faire une séance intense. Du coup, mieux vaut éviter de faire une séance de 30/30 par exemple ! Il faut quand même relativiser, c’est sur une très courte période… quelques minutes sur les journées de pollution…

Mais disons tout de même que pendant un pic de pollution intense, il peut être bon d’adapter sa pratique ! Peut-être que les 3×10′ au seuil que notre plan prévoyait n’est pas la meilleure des séances possibles ? On consomme beaucoup d’oxygène, pendant une longue période. Peut-être que c’est au contraire le moment de travailler la vitesse avec des efforts très courts, qui consomment moins d’oxygène ? Mais peut-être aussi qu’avec le simple fait d’aller dans un bois ou une forêt, on peut conserver son entraînement ? On sait que les polluants sont moins concentrés dans ces endroits et que les arbres servent aussi de filtres en absorbant la pollution…

peut-on courir pendant un pic de pollution

Tenue de course Raidlight complète et sac fait en France testé ici

Courir lors d’un pic de pollution, je dis oui !

Bref, si j’étais concerné je pense que je continuerais de m’entraîner en prenant quelques dispositions de ce type. Encore une fois, l’entraînement en aérobie a tellement de bénéfices prouvés sur l’organisme que la question se pose : les bienfaits de la course sont-ils supérieurs aux méfaits de la pollution ? Je n’ai pas pu vous apporter de preuves infaillibles avec cet article. Mais j’ai quand même abordé des points qui pour moi sont cruciaux. Évidemment qu’il y a plus de risque à courir lors d’un pic de pollution qu’en dehors. Mais il y a aussi plus de risque à « vivre pendant un pic de pollution » et on n’arrêtera pas de vivre pour autant.

Alors jusqu’à preuve formelle du contraire, je continuerai de courir lors d’un pic de pollution. Simplement je tenterais de le faire intelligemment. En modifiant un peu mon plan pour éviter les ennuis par exemple (sachant qu’une coupure de 5 jours n’a pas d’impact sur la forme !). Si je n’ai pas de réponse formelle, je peux par contre vous demander ce que vous faites pendant un pic de pollution ? Et si cet article aura changé votre manière de voir les choses ?

Pour aller plus loin, vous pouvez aussi consulter les conseils incontournables qui génèrent 80% des progrès en course à pied !

Athlète touche à tout, de l'athlétisme à la route en passant par le trail et même le duathlon. Autodidacte passionné des méthodes d'entraînement, je suis mon propre coach depuis 6 ans et applique ma devise "S'entraîner sérieusement sans se prendre au sérieux" pour progresser tout en prenant un maximum de plaisir !

8 COMMENTS

  1. Salut Niko,

    Merci pour tes recherches sur ce sujet (qui tombe à pic).

    Ton aparté sur la pollution d’air intérieur était intéressante et justifiée.
    J’ai d’ailleurs lu le document de l’inpes dont tu as parlé et c’était intéressant.
    En résumé, il faut donc aérer au minimum 10 min par jour.
    Mais cela permet seulement de diluer la pollution intérieur et pas de l’éliminer complément.

    Pour en revenir au sujet principal je trouve bien que tu continues de courir en adaptant l’intensité de tes sorties. Les bienfaits de la course sont toujours bien là malgré les pics de pollution, je te rejoins là-dessus.

    Pour répondre à ta question, généralement, je cours en forêt.
    Donc pendant un pic de pollution je ne change pas mes habitudes.
    Je dirais que c’est plutôt la chaleur qui me fait changer les heures auxquelles je vais m’entraîner (soit plus tôt le matin, soit plus tard le soir pour éviter les vagues de chaleur).

    Ton article m’a fait prendre conscience que l’on pouvait être 10 fois plus exposé aux polluant si on décidait de courir lors d’un pic de pollution. Du coup, je réfléchirai à deux fois avant d’aller courir en ville et je passerai l’info à mes amis dans ce sens-là.

    Merci à toi Niko,
    Bon entraînement

    Julien

    • Bonjour Niko,
      Comme Julien, ayant la chance de pouvoir courir facilement en forêt, c’est effectivement davantage la chaleur, surtout si elle est accompagnée d’un fort taux d’humidité, qui me fait adapter mon entraînement. Dans ce cas, je cours le plus tôt possible le matin, moins vite (en me limitant à de l’endurance fondamentale, sous le seuil aérobie) et un peu moins longtemps que d’habitude. J’en profite pour consacrer un peu plus de temps aux étirements. Eventuellement, j’ajoute quelques sprints en accélération progressive sur 50 mètres, mais jamais à fond, en fin de séance, histoire de travailler la tonicité musculaire.
      Pour avoir été confronté dans le passé à des pics de pollution, lorsque j’habitais Paris, j’adoptais exactement la même attitude. Et dans ce cas, je ne courrais jamais dans la rue, mais exclusivement dans le bois de Boulogne et le plus possible à l’ombre.
      De plus, je ne prenais aucun risque. Si je ne me sentais pas à l’aise, après la mise en route, soit après environ 10mn de course, je stoppais tous et je rentrais en marchant à la maison.
  2. De mon côté, je cours toujours très tôt le matin. Même si ce n’est pas pour cela que je suis un coureur du matin, c’est mieux que de courir dans le trafic automobile en plein heure de pointe.
  3. Très intéressant comme article, je me suis moi-même souvent posé la question. Habitant Strasbourg, une des villes les plus polluées de France, j’ai récemment adapté ma pratique du running pendant les pics de pollution surtout aux particules fines. Comme François, en semaine j’essaye de courir tôt le matin entre 6h et 7h pour éviter au maximum la pollution du trafic routier.

    Lors d’un pic aux particules fines, je sens que les voies respiratoires sont plus affectées et j’ai parfois des démangeaisons au niveau de la gorge après une séance, c’est assez flippant. Du coup j’évite maintenant de courir quand les particules fines saturent l’atmosphère. En ce moment, c’est plutôt un pic d’ozone qui touche la région et je n’ai pas eu de problèmes particuliers après avoir couru.

    J’avais entendu que les médecins s’accordent en général pour dire qu’il est préférable de faire du sport même dans un environnement pollué plutôt que de ne rien faire du tout. Donc ça rejoint ce que tu dis. Il faut aussi dans la mesure du possible éviter les zones périphériques qui sont les plus polluées en raison des axes routiers. Petite vidéo intéressante sur le sujet : https://www.youtube.com/watch?v=vUvP5ceidA8

  4. Attention. L’étude ne porte que sur le risque cardiaque. Mais il faudrait s’intéresser aux poumons également. Plus de volume d’air dans les poumons, c’est certainement plus d’exposition aux particules fines, et donc à un risque de cancer… ou pas. Mais restons prudents.
  5. A noter que cet article ne fait pas la distinction entre les différents types de pollution, alors qu’ils ont tous des effets différents et pas forcément perceptibles lors des entraînements.

    Concernant la recommandation de courir lors des pics de pollution, attention tout de même à l’importance et la durée du pic. Le faire sur un pic de pollution ponctuel et de faible intensité ne semble pas forcément dangereux. Mais si le pic gagne en intensité et s’étale dans la durée, peut-être vaut-il mieux supprimer des séances. Pour information, les pics de pollutions sont bien souvent plus prononcés à partir de 8h du matin, à cause de l’heure de pointe du matin des transports qui est très localisée et bien plus marquée que celle du soir, et courir dans des endroits à l’abri de la pollution est recommandé toute l’année.

    Pour celles et ceux qui voudraient se renseigner sur les pathologies respiratoires de manière générale, et plus spécifiquement sur celles engendrées par la pollution de l’air, vous pouvez consulter le site de la Fondation du Souffle : http://www.lesouffle.org/

    Pour information, il existe des applications qui donnent l’évolution de la pollution lors de la journée, et donc de choisir les bonnes heures pour courir (un exemple: Plume Air Reports, https://air.plumelabs.com/fr/live/paris).

  6. Perso j’ai la chance d’habiter près d’un bois dans lequel je parviens à faire environ 8km au total dont 6km sans passer 2x au même endroit. Je me lève tôt et je vais courir 1h (petit trail) avant les fortes chaleurs et à jeun. Le mardi je cours avec un groupe aussi dans les bois (trail) vers 18h30. C’est beaucoup plus chaud que le matin mais dans les bois la chaleur (et j’espère la pollution de l’air) est moins écrasante. Par contre actuellement il m’est totalement impossible d’aller courir comme d’hab’ dans les rues de mon patelin c’est vraiment trop chaud (asphalte) et irrespirable (presque aucun mouvements dans l’air, encore pire si on croise une voiture diesel qui n’est pas récente). Sinon faire du sport dans un environnement pollué est quand-même bénéfique pour la santé (si ce n’est qu’un entraînement) puisque que ça ne dure qu’une heure sur 24. C’est comme pour le coeur : il bat plus vite durant l’effort mais au total en faisant du sport on réduit le rythme de manière générale ce qui, sur la durée, est bénéfique.
  7. Salut Niko,

    Merci pour ces réflexions intéressantes. Dans ma vie actuelle, j’ai la chance d’être épargné par les soucis de pics de pollution des grandes villes. Mais si je peux me permettre, voici quelques infos pour les cas de pollution les plus extrêmes.

    Dans ma vie d’avant j’ai habité Hong Kong, autour de 2010. Cette ville est particulièrement impactée par la pollution de l’air et quelques soit les conditions, les taux de particules oscillent entre « région parisienne à son maximum » pour les jours où « ça va » à « tu as l’impression que tes poumons s’encrassent à chaque respiration » pour les pires journées.
    Un médecin français sur place m’avait déconseillé la pratique de sports de plein air toute l’année , bien que les hongkongais pratiquent beaucoup de sports collectifs dans des city stades voire de la course à pied dans les parcs.
    L’Ultratrail World Tour s’ouvre d’ailleurs par l’épreuve hongkongaise et même si le parcours prend bien soin de se dérouler sur les quelques territoires pas encore construits, la pollution ne peut qu’y déborder. Le cas de l’UTWT reste un passage temporaire et en janvier ou les taux sont bas, cela ne doit pas être bien pire que le Marathon de Paris.
    La question était donc pour les résidents : comment allier mode de vie sportif et pollution permanente ?
    Alors que faire ? Je n’ai pas plus d’études ni de données sur les taux de cancers, et je serai extrêmement intéressé à en avoir si un lecteur trouvait ça.
    Le mode de vie des expatriés là-bas (nourriture alcool oisiveté) est clairement antisportif.
    Alors voilà my 2 cents : dans des cas de pollutions, on peut / doit adapter son activité ; cela me paraît plus raisonnable que de tout arrêter d’un coup. Même si la pollution de l’air est néfaste pour nos poumons, je pense qu’à long terme, le manque d’activité est bien pire que l’oisiveté, même à Hong Kong. Si on le regarde de manière plus manichéenne, peut être que ponctuellement on va s’abîmer un peu plus les poumons, mais concernant la condition physique générale l’inactivité est bien pire. Mais clairement, cette ville n’est pas le lieu le plus favorable pour préparer un entraînement de haut niveau sur le long terme.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.