La montre cardiofréquencemètre est-elle l’arme ultime de la panoplie du runner moderne ? C’est un vaste débat dans le milieu du running amateur entre ceux qui sont férus de leur cardiofréquencemetre et ceux qui pensent qu’il est inutile voire néfaste à leur progression. Le test de la montre Polar M400 me permet de m’intéresser à cet outil qui permet à tout runner de se prendre pour un scientifique en contrôlant son entrainement de manière très précise. Thèse, Antithèse, Synthèse et avis d’un runner qui s’est toujours entraîné en se basant sur sa VMA (voir ici pour calculer sa VMA) et surtout ses sensations, sans montre cardiofréquencemètre.

La montre cardiofréquencemètre pour apprendre à connaître son corps ?

La montre cardiofréquencemètre est avant tout une aide à la compréhension de son corps et des mécanismes entraînés par la course à pied. Savoir à quelle allure courir permet de progresser en course à pied. L’endurance fondamentale, le seuil… Tout ces concepts sont cruciaux et abstraits à la fois. Notamment pour le runner débutant, pour lequel l’apport du cardio est énorme. On peut voir ces informations directement sur sa montre et ainsi s’entrainer efficacement. Idem pour les runners longue distance (marathon et +) qui souhaitent apprendre l’allure à laquelle ils devront s’astreindre pour leur course. Suivre sa fréquence cardiaque à cette allure permet de valider qu’on devrait pouvoir tenir toute la course.

On notera également une motivation créée par le cardio, tel un coach personnel il vous montrera en effet vos progrès. Quel sentiment positif que de voir les pulsations cardiaques baisser de 10 unités pour un même entrainement répété à deux mois d’intervalle ? Cela montre concrètement nos progrès! Mais trop d’enthousiasme lors d’un footing et votre nouveau coach n’hésitera pas à vous remettre à votre place par des bips indiquant que votre cœur s’emballe et sors de la zone de travail souhaitée.

L’analyse des données offertes par la montre cardiofréquencemètre

Aujourd’hui lorsque vous achetez une montre cardiofréquencemètre, vous n’achetez pas que la montre. Que vous achetiez une Garmin Forerunner 220, une Polar M400, une Suunto Ambit3 Sport ou un modèle d’une autre marque, on vous fournie des outils d’analyse très complets. Lire sa fréquence cardiaque pour suivre son effort, c’est bien, pouvoir analyser ses données de manière précise après la sortie, c’est mieux !

Les interfaces web dans lesquels vous allez télécharger vos sorties vous diront tout sur votre effort. Fréquence cardiaque moyenne, maximale… Lien entre la vitesse de course, l’altitude et la fréquence cardiaque… Vous pouvez suivre votre sortie en temps réel. Ci-dessous, l’exemple de l’interface Polar Flow qui superpose de belle manière les paramètres sur un seul graphique.


graphique de l'interface polar flow avec la montre cardiofréquencemètre polar m400

Vous pourrez aussi suivre votre entrainement au global avec des rapports sur les différentes zones cardiaques utilisées. Pour un entrainement efficace il faut passer environ 70% de son temps en endurance fondamentale soit à 75% FCM maximum. C’est la base pour progresser en course à pied, donc c’est bien de le contrôler.

Comment se brider avec une montre cardiofréquencemètre

Au contraire, d’autres ont plutôt tendance à voir la montre cardiofréquencemètre comme un outil de bridage qui peut nuire à la progression. L’entrainement doit être affaire de dépassement de soi et tout objet allant contre se principe devrait donc être banni. Il est vrai que les paramètres cardiaques sont très personnels et ne peuvent être réellement lus de manière standard. L’interprétation des données de la montre cardiofréquencemètre doit être adaptée à chacun :

    – à son expérience,
    – à son niveau général,
    – à son niveau de forme actuel,
    – à ce qu’on a fait dans la journée,
    – aux conditions climatiques…
    – etc.

Beaucoup de paramètres entrent en compte et la lecture seule du cardiofréquencemètre serait une erreur. Selon tout ses paramètres un même footing à quelques jours d’intervalle peut ainsi donner quasiment 10 pulsations d’écart sans que ce ne soit alarmant.

La montre cardiofréquencemètre altère le plaisir de courir

Beaucoup de coureurs sont addicts à une course à pied sans prise de tête, 100% plaisir. Pour eux, l’utilisation d’une montré cardiofréquencemètre ne ferait qu’ajouter une contrainte, une perte de la liberté qu’ils sont venus chercher dans la course à pied.

Vouloir toujours contrôler sa fréquence cardiaque oblige à être concentré sur le cadran de sa montre et ne permet pas de profiter pleinement du monde qui nous entoure. Personnellement j’aime faire un footing en me recentrant sur moi-même, être dans ma bulle, en écoutant juste mes sensations. Contrôler son rythme cardiaque ne permet pas ça.

la montre cardiofréquencemètre est l'ami du coureur en running
Montre cardiofréquencemètre, amie ou ennemi du runner ?

Montre cardiofréquencemètre ou pas montre cardiofréquencemètre telle est la question ?

Mon avis est partagé à ce sujet. Je n’ai jamais utilisé de cardio car j’ai appris dès mes débuts en athlétisme à écouter mes sensations. Le corps nous envoie en effet des signaux qui, bien interprétés offriront une multitude d’informations qu’un cardiofréquencemètre pourrait nous faire oublier. De plus j’affectionne les entrainements en fartlek, à rythme variable, ou les sensations seules vont dicter la séance. On s’y défoule, c’est une libération pour l’esprit ! Mais la raison principale pour laquelle je n’ai jamais utilisé de montre cardiofréquencemètre est tout autre. J’aurai peur de me brider, à trop vouloir interpréter les données du cardio. J’aime cette incertitude qui nous fait frôler la limite, parfois la dépasser… Un jeu dangereux mais qui donne son côté épicé à la course à pied !

Convaincu ? Direction le test de la Polar M400 HR ou de la Garmin Forerunner 220! Celui de la Suunto Ambit 3S et de la Garmin Fénix 3 suivront! 😉

Athlète touche à tout, de l'athlétisme à la route en passant par le trail et même le duathlon. Autodidacte passionné des méthodes d'entraînement, je suis mon propre coach depuis 6 ans et applique ma devise "S'entraîner sérieusement sans se prendre au sérieux" pour progresser tout en prenant un maximum de plaisir !

10 COMMENTS

  1. Depuis qu’on m’a offert une montre Suunto pour mes 30 ans, je suis devenu un peu accroc. Vu que je pratique essentiellement le trail, ça m’aide mieux que ma VMA pour calibrer mes sorties ! Mais j’évite de le prendre désormais dans mes sorties longues car c’est vrai qu’on y perd un peu du plaisir et on prend moins le temps de regarder autour de soi. Par contre, je trouve que c’est pas mal pour optimiser les séances au seuil…

  2. Bonjour,
    Intéressants points de vue, comme d’habitude chez toi.
    Je dirais que le graal d’un coureur à pied est d’apprendre à connaitre son corps, écouter ses sensations et connaitre ses allures. Le CFM dans ce cas est un outil intéressant mais je pense qu’il doit rester un outil/une aide et non une fin en soi.

  3. Je suis plutôt de ton avis à propos du cardio. Un outil formidable, qui nous suit dans beaucoup de sorties, mais qu’on consulte rarement pendant la course.
    Je ne suis pas encore passée aux entraînements par fréquence cardiaque, entre autres parce que je ne connais toujours pas ma FCM exactement, mais surtout parce que j’ai, comme tout le monde, appris à courir aux sensations ou au temps/kilo, et que ça me paraît très “automatisé” de contrôler sa sortie avec les bpm, bien que peut-être plus intéressant qu’on ne le pense en EF (où on va trop vite) ou fractionnés (où on ne va pas assez vite).
    En revanche, depuis que je l’ai, je trouve que c’est un très bon indicateur des progrès, et surtout…de la forme et de la santé.

    • Je trouve ça intéressant si on contrôle de temps en temps mais pas si on passe son temps à se dire, mince je suis 5 puls au-dessus, ah puis là je suis 5 puls en dessous…
      En terme d’indicateur de progrès c’est sûr que ça peut aider à la motivation! 🙂

  4. Bon article, comme d’habitude….Ici j’ai été longtemps réfractaire au cardio puis coach-chéri m’a offert la garmin qui va bien…avec le cardio justement….pendant près d’un an, j’ai continué à courir aux sensations, en mettant le cardio mais sans me préoccuper des données et puis j’ai finit par changer d’avis parce que je ne progressais plus, voir même je régressais et j’avais du mal à récupérer de mes séances… alors j’ai pris en compte ma FCM ainsi que ma fréquence au repos, coach-chéri a fait des calculs savant et j’ai déniché des plans d’entraînements basés sur la fréquence cardiaque… depuis je ne jure plus que par ça, je revis, j’ai redécouvert la course à pieds, je peux enfin balayer toute sorte d’allure sans me fatiguer plus que de raison….pour conclure je dirais que, pour mon cas personnel, ce qui pourrait sembler être une perte de liberté est au contraire une forme de liberté retrouvée puisque je cours enfin sans plus jamais m’épuiser et les progrès sont indéniables même si à mon niveau évidemment ça ne me fera pas grimper sur les podiums….Pour ce qui est du plaisir de courir libre, j’ai fais une sortie longue ce matin (1h30) avec un pourcentage de FC fixée par mon plan, comme je me connais bien, la montre n’a bippé qu’une ou deux fois sur toute la séance le reste du temps je l’ai oublié et je n’ai pas eu besoin de fixer la montre…voilà pour mon avis (il se peut que je radote, dans ce cas désolée)

    • Tout d’abord… Merci, je le dis à chaque fois que j’ai un commentaire comme ça, mais ça donne envie de continuer quand on te dis qu’on aime ce que tu fais! 🙂
      Et sinon, super commentaire! Je suis dans la passe début avec le cardio, peut-être que dans 6 mois je serai un inconditionnel qui sait! J’utilise aussi Karvonen et les calculs incluant le FC au repos pour faire mes zones cardiaques… Au final mes courses correspondent à ce que j’imaginais sans avoir jamais eu de cardio donc j’aime l’outil? (s’il avait pas été d’accord avec moi là ça aurait été une autre paire de manches! >_<)

  5. Bel article une fois de plus , le cardio m’a énormément aidé pour progresser , savoir quand je courais en endurance , en résistance dure ou douce … il m’a servi pour mieux me connaitre et aujourd’hui je sais m’en passer , je ne le regarde plus , je sais dans quelle plage je suis au feeling

  6. […] Faire son footing au cardio c’est le meilleur moyen de s’assurer que l’on court au bon rythme, celui de l’endurance fondamentale et pas au-dessus de ce rythme, principale erreur que font la majorité des coureurs. Car je le répète souvent mais le footing, le vrai, celui qui fait progresser est le footing lent, qui se court à moins de 75% de sa Fréquence Cardiaque Maximale (FCM). Au-dessus de ce rythme cardiaque on sort de cette zone de travail si bénéfique pour une bonne progression. Du coup le moyen le plus efficace pour s’assurer qu’on est dans la bonne zone de fréquence cardiaque n’est autre que la montre cardio-fréquencemètre. […]

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