Ça fait un moment que j’ai cet article sur les statistiques de performance des montres Garmin & co en tête mais j’attendais le bon moment pour vous en parler.

Principalement parce que je n’avais pas d’exemple concret sous la main. Maintenant j’en ai un puisque cette année j’ai à la fois été au top de ma forme en mai avec ce 10km en 34’14, et beaucoup moins en forme en ce moment avec cette période où j’ai peu couru (35km au total en 2 mois… soit même pas mon kilométrage hebdomadaire habituel).

Je vais donc vous montrer les statistiques de performance de ma Garmin pendant ces deux périodes, et vous allez comprendre pourquoi je dis qu’il faut faire très attention avec ces stats qui ne représentent pas directement votre entrainement ou votre progression.

Attention avec les statistiques de performance des montres Garmin & co

Statistiques de performance des montres Garmin & co : attention…

Je reçois beaucoup de messages de personnes me montrant leurs statistiques de performance des montres Garmin. Que ce soit pour me dire qu’elles progressent ou qu’elles ne progressent pas, que leur entrainement n’est pas productif, ou tout un tas d’infos que les montres Garmin & co peuvent donner. Dans cet article je vais prendre Garmin comme exemple. Parce que je cours en Garmin tout simplement. Mais il y a des indicateurs similaires chez les autres.

Attention donc à ne pas trop analyser des données qui ne sont au final pas d’une grande fiabilité. Et surtout des données qui demandent un brin de contexte pour être analysées. Je ne dis pas qu’elles sont intéressantes. Je vous dis juste de bien valider tout ce que ej dis après avant de les interpréter ! 🙂

L’indicateur de Vo2 Max

Voici ci-dessous ma courbe de Vo2Max. Rappelez-vous je n’ai pas couru ou presque depuis la mi-juin. Pourtant au niveau de la Vo2Max, la courbe n’a pas bougé d’un iota ! Toujours autour de 66 ! Est-ce miraculeux ? Est-ce que je n’aurai rien perdu de ma forme ? Malheureusement non. Si je voulais vous le prouver j’irai recourir un 10km à bloc aujourd’hui. Je ne le ferai pas. Je n’en ai absolument pas envie. En revenant de blessure ce serait totalement con. Mais croyez-moi je ne ferai pas 34’14 aujourd’hui ! 😀

Attention avec les statistiques de performance des montres Garmin & co
les deux semaines qui grimpent en flèche c’est quand je n’ai pas couru du tout, Garmin a donc pris ma Vo2Max de vélo (qui est extrêmement haute… ne me demandez pas pourquoi)

Alors pourquoi ma Vo2max n’a pas bougé ? Peut-être parce que le calcul de cette vo2max par la montre est faux… Je ne vais pas rentrer dans ce débat, même si la Vo2max est une mesure des échange gazeux lors de la respiration et donc avec une montre, c’est compliqué de mesurer ça.

La Vo2 max c’est notre consommation maximale d’oxygène. Un indicateur important, mais une grosse Vo2max ne veut pas dire que le corps est ensuite capable d’utiliser tout cet oxygène. Des coureurs avec une vo2max plus faible peuvent être meilleur que d’autres avec une vo2max plus élevée. Bref, la vo2max seule ne prédit aucunement la performance.

Je vous mets quelques études qui en parle mais c’est un fait bien documenté désormais.


The Fallacy of Vo2Max

VO2max is a poor predictor of performance

Possible de maintenir sa Vo2Max pendant une coupure ?

Donc, même si ma Vo2max s’est réellement maintenu à 66, sûrement grâce aux entraînements de vélo, il est très probable que mes performances soient beaucoup plus basse en course à pied.

Attention avec les statistiques de performance des montres Garmin & co

Je le dis donc une bonne fois pour toute : la courbe de vo2max n’est pas une courbe de progression ou de mesure de notre niveau de forme. Elle peut monter avec l’entrainement, oui. En particulier si on est dans un cycle de travail de VMA ou de travail spécifique 5 ou 10km.

Mais si vous travaillez votre endurance longue ou votre vitesse de base, votre vo2max ne bougera peut être pas, elle pourrait même baisser un peu sans que ce soit anormal ! La vo2max rentre dans la performance mais des facteur comme l’économie de course et vos seuils ventilatoires vont aussi l’être, et même être encore plus pertinent pour analyser la performance en endurance.

>> À voir : travailler ses qualités de coureur pour progresser et courir plus vite

Voilà je pense que pour la Vo2Max c’est assez clair, vous pouvez le regarder… mais n’en faites pas un de vos indicateurs de mesure de d’efficacité de votre entrainement.

L’indicateur de statut de l’entraînement

Attention avec les statistiques de performance des montres Garmin & co

Maintenant on va regarder l’autre indicateur qui me fait régulièrement hérisser les poils : le statut d’entraînement. Combien de fois est-ce que ma montre m’a indiqué en fin d’entraînement le statut « Non Productif » sur une séance où je peux vous assurer que j’avais donné de ma personne pour qu’elle soit productive !

Est-ce une fonctionnalité gadget pour autant ?

Non. Je pense que la logique derrière est bonne. Mais ça demande que tout fonctionne aux petits oignons pour qu’on puisse bien l’interpréter. Parce que toutes ces informations sont calculées et que la moindre erreur de donnée rend tous ces calculs faux.

Ça veut dire que votre profil doit être exact avec notamment la Fréquence Cardiaque au Repos et la Fréquence Cardiaque Maximale (déjà là, quand on sait qu’avoir ces infos de manière très précise est un défi en soi…). Il faut aussi que votre âge et votre poids soit correct.

>> Si vous cherchez une montre, il y a jusqu’à -52% ici pour le Black Friday

L’enregistrement de votre montre doit être précis

Ensuite lors de chaque effort, il faut que l’enregistrement de votre montre soit précis ! Oubliez le cardio au poignet et ses erreurs fréquentes si vous voulez pouvoir profiter de cette fonctionnalité, il vous faut une ceinture ou un Polar OH1 pour une mesure fiable. Il faut le porter à chaque entrainement. Et pour ceux qui nagent, ça veut dire porter la ceinture spécifique. Mes entrainements sont non productifs en nage parce que le cardio n’est pas mesuré (il me semble en tous cas) correctement.

Bref ça fait beaucoup de choses à contrôler avant de faire la moindre analyse ! Mais si toutes ces données sont controlées alors on peut regarder les données de la montre.

Regardez mes 6 derniers mois :

on y voit bien la periode où j’étais encore en prépa Ironman, la période de confinement où j’ai beaucoup couru sur tapis sans enregistrer les données avec ma Garmin… et l’été où en effet je me suis mis en mode maintien concernant le triathlon avec très peu de nage, très peu de course, et juste un bon volume de vélo pour garder mon endurance. Le graphique reflète bien ça !

Attention avec les statistiques de performance des montres Garmin & co

La condition physique

Il y a aussi la fonctionnalité « Condition Physique » qui n’est pas inintéressante. En début de sortie, après 5 à 10’ votre montre bippe et vous indique votre condition du jour. Un chiffre qui tourne autour de 0. 0 étant votre forme normale. Plus vous allez être fatigué plus ce chiffre va être bas. Ça peut descendre jusqu’à -20 selon Garmin. Mais perso je n’ai jamais vu en-dessous de -7, où j’étais déjà bien entamé.

Grosso modo ça correspond bien à mes sensations. Quand je me sens fatigué ça va souvent être dans le négatif. Et les jours où je me sens en forme, il n’est pas rare que ça monte à +2/3/4. Je ne change généralement pas mon entrainement en fonction de ces chiffres. Mais je le regarde car ça m’aide à jauger mon état de fatigue et à prendre la décision d’adapter si besoin.

Attention avec les statistiques de performance des montres Garmin & co

Tout n’est pas à jeter dans les statistiques de performance des montres Garmin

Je voulais finir ce sujet avec une note positive car je ne pense pas que tout est à jeter dans les statistiques de performance des montres Garmin & co. Je pense juste que c’est comme tout outil de mesure. Si on veut pouvoir les interpréter il faut que ce soit carré. Et surtout, il ne faut pas essayer de faire dire des choses à des chiffres qui ne sont pas fait pour ça.

Voilà j’espère que le niveau de langage de l’article vous a plu. Comme d’habitude j’ai essayé de rester simple, de vulgariser. Le but, c’est de ne pas aller trop dans le détail de comment fonctionne le calcul. N’hésitez pas à mettre un commentaire si vous avez une question à ce sujet et d’ici là… bon entrainement !

Athlète touche à tout, de l'athlétisme à la route en passant par le trail et même le duathlon. Autodidacte passionné des méthodes d'entraînement, je suis mon propre coach depuis 6 ans et applique ma devise "S'entraîner sérieusement sans se prendre au sérieux" pour progresser tout en prenant un maximum de plaisir !

9 COMMENTS

  1. Bonjour Niko,
    Le problème ce ne sont pas les statistiques mais les extrapolations qui en sont tirées. Une montre ne peut bien entendu pas mesurer le VO2max mais calculer une estimation indirecte. A ma connaissance (elle est limitée car je n’ai pas de montre connectée) ces appareils mesurent essentiellement la fréquence cardiaque, éventuellement sa variabilité mais pas correctement, et de la calculent des estimations de « forme » , de VO2max ou de « charge de travail » par un algorithme non publié et invérifiable. Sans parler des mesures de départ dont la fiabilité est inconnue.
    Merci pour cet article qui signale les limites de ces appareils.

    • Je ne suis pas de ton avis. Ces algorithmes sont problématiques car on ne sait pas comment ils sont établis. Tu dis qu’ils sont basés sur la variabilité de la fréquence cardiaque, c’est plus une supposition qu’autre chose. Tu ne sais pas comment elle est prise en compte, si l’algorithme fait une simple corrélation entre des mesures (vitesse, fréquence cardiaque, variabilité, poids, âge, fréquence minimale… ) et quel est l’ échantillon de référence.
      Tu ne connais ni le principe de fonctionnement, ni la précision des estimations, bref uniquement l’estimation pour ton propre cas.
      Et, par protection de leur savoir-faire ou pour être plus sarcastique, pour éviter qu’on comprenne que leurs algorithmes sont assez foireux (c’est très provocateur), Garmin ne communique rien de pertinent à ce sujet.

  2. Bonjour Niko,

    Utilisateur d’une Garmin Fenix 6 depuis 1 an, j’ai commencé à m’intéresser à ces statistiques de performance.
    J’accorde une confiance très limitée dans les estimations de VO2max, même si je constate qu’avec un entraînement rigoureux, et en respectant un bon équilibre EF/séances de qualité, ce chiffre semble suivre une tendance logique.
    Sur le statut d’entraînement, je le trouve intéressant car cela permet de savoir si on est en déficit d’aérobie ou d’anaérobie par exemple, et d’adapter son entraînement en fonction. J’essaie de le faire depuis quelques semaines, et je me sens mieux en terme de performance et de forme générale, et moins fatigué.

    Enfin, ce que je trouve top, ce sont les estimations de temps de course. J’étais sceptique, les trouvant trop ambitieux, mais en essayant de les réaliser, je ne suis pas si loin. Ça met du baume au cœur

  3. Salut à tous,

    J’ai complètement changé ma manière de courir et de m’entrainer cette fin de saison (~ 6/8 semaines) sur les conseils avisés d’un ami (Alain, si tu te reconnais, merci) qui m’a orienté vers ton site Niko, dont je dévore les articles (prolifique, il va me falloir des semaines pour tout rattraper : ça tombe bien, c’est les vacances et il fait particulièrement moche en France). Cycliste à la base, je cours également « un peu » et nage aussi (je fais du triathlon et mon niveau dans chaque discipline n’est pas homogène). Le confinement, et l’absence de vélo sur de la vraie route, m’a fait augmenter ma charge de course (je sais c’est pas bien, mais vous faites comment sinon ? le home trainer tous les jours c’est intenable), bref ça m’a permis d’augmenter significativement mes perf en course (4 min gagnées au 5km sur un tri cet été, je me rends compte que je partais de très très loin).

    Le contexte étant posé et ayant une montre Garmin (Forerunner 645, au cas ou ça préciserait les choses, que je porte à tous les entrainements depuis 2 ans, mais pas en journée, donc exit les valeurs au repos etc.), j’affiche depuis donc 2 mois des stats (celles citées dans l’article) désastreuses depuis l’installation d’un vrai plan d’entrainement (= 4 séances par semaines sont 2 EF, 1 sortie longue et 1 séance d’intensité en alternance VMA/seuil… en espérant avoir bien compris et ne pas me planter). Je ne peux pas vous envoyer les graphiques mais imaginez que ça passe de « tout vert » (productif/maintient) à « tout orange » (non productif avec parfois un peu de maintient)… Pareil pour la VO2m qui chute qui chute…
    Cet article me permet donc de me donner un peu de courage car quelqu’un qui suivrait aveuglément ces indicateurs abandonnerait directement cette transition vers « courir lentement pour courir vite ». En effet portant ma montre depuis 2 ans, elle ne doit pas « comprendre » ce qui se passe, à savoir d’un entrainement « tout intensité » à 70% d’EF. Je ne sais pas si mon raisonnement est bon, est ce que réellement cette transition drastique perturbe les habitudes bien ancrées de « mon » algorithme ? Ou bien réellement je régresse (pas impossible non plus mais la période hivernale s’y prête bien) ?. Est ce que si j’annulais toutes les données antérieures j’aurais d’autres stats de performance ? voila mes question 🙂
    Bref pour finir (enfin) j’ai la foi dans la méthode, donc même si ma montre me dit que « ça va pas du tout » je continue sur cette lancée, j’ai bon espoir que ça me soit bénéfique à moyen/long terme donc je m’accroche, même si c’est dur au début… surtout pour l’égo en fait, pas tellement pour les jambes.

    Désolé pour le pavé… premier commentaire pour moi sur le site, mais je pense que si on parle de précision dans cet article, vaut mieux apporter quelques éléments au développement.
    A+

  4. Pour donner un avis différent,
    Ma mesure FCM, c’est la longueur de la phrase que je peux prononcer, Ma montre multifonctions une Kiprun à 14 balles de chez Décathlon que je n’utilise jamais à l’entraînement. Mon but, apprendre à connaître mon corps.
    Cela ne m’empêche pas de courir le 10km dans les 2-3 % de tête de ma catégorie +50 et d’avoir juré plus d’une fois pour être bousculé après 10 mètres de course par un mec avec les yeux collés sur sa montre.
    Cette méthode très scientifique m’a quand même permis de terminer honorablement un Ironman.
    Alors s’entraîner avec méthode, oui, parcourir les sites comme celui-ci, oui, et merci .
    Mais il est surtout important d’apprendre à s’écouter. Si je dois changer ma cadence, c’est à moi d’apprendre quand le faire, c’est pour cela que j’ai même abandonné le chronomètre pendant les séances d’entraînement.

  5. Salut à tous. Personnellement ces indicateurs peuvent être assez frustrants pour moi. Exemple de la semaine dernière : du fractionné en début de semaine suivie de 2 sorties d’EF -> Entrainement productif, donc là tout va bien. Puis je fais une sortie longue de 2h le dimanche, ce qui correspond à un semi marathon à allure plus rapide que de l’EF mais sans être spécialement essoufflé -> Entrainement non productif. La montre me dit même que mon volume d’entrainement sur les 7 derniers jours est faible alors que je suis à 47km… En fait j’ai l’impression que tant que je ne me donne pas à fond tout le temps l’entrainement ne sera pas productif. Alors que c’est tout le contraire de ce que tu recommandes (courir plus lentement pour courir plus vite sur le long terme).

    • Voilà pourquoi je conseille de ne pas les regarder, de suivre un programme d’entraînement et d’écouter ses sensations pour savoir si on est dansl a bonne voie. Ce genre de stats est tellement sensible/imprécis…

  6. Dans la dernière mise à jour de la Fenix 6x pro (version 15.), l’activité trail et ultrafond calculent maintenant la vo2max et la condition physique. Comme je ne pratique que du trail car rien de plat chez moi, j’ai maintenant ces mesures… Faites la mise à jour, ça vaut toujours le coup !

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