Ce marathon du Petit Train du Nord, c’est la lumière au bout du tunnel d’une année compliquée. Surentraînement au mois de février, enchaîné par un burn-out pro que j’ai essayé de gérer comme je pouvais entre mars et juillet. Et puis finalement j’ai senti l’énergie revenir « tranquillement pas vite » fin juillet lorsque j’ai fait mon 5 km.

À ce moment je me suis dit : « allez on se fait cette prépa marathon, même si elle va être très courte, très agressive et donc très risqué en termes de blessure. Ça passera ou ça cassera mais je voulais me donner la chance de finir cette année sur une bonne note ». Je voulais me prouver que j’avais réussi à passer à travers tout ça et en revenir plus fort. Voilà pour le contexte et ce à quoi j’ai pas mal repensé avant ce marathon du Petit Train du Nord. Pour la suite, vous avez le choix, c’est en vidéo ici ou au format écrit juste en dessous ! 🙂

 

Départ du marathon du Petit Train du Nord : En contrôle !

Objectif 2h48 qui me garantirait sans soucis une qualification pour le mythique Marathon de Boston. 3’59/km de moyenne à tenir pendant ces 42,195km pour y arriver et je ne veux surtout pas partir plus vite. L’euphorie du départ donne un premier 100 m trop rapide et donc un premier kilomètre aussi en 3’54 mais rien de fou et je me cale facilement sur mon allure marathon. Je l’ai tellement bossée à l’entraînement que sans regarder la montre je sais que je suis à la bonne allure. 3’58, 3’56, oups 3’52 sur le 4e kilomètre.

Je ne m’en suis même pas rendu compte, je suis facile, vraiment facile et à partir de là je vais constamment essaye de me ralentir. 3’55, 3’54, les jambes filent sans que je n’arrive à les retenir. Mais je sais aussi que je ne force absolument pas pour le faire et c’est le principal. Je suis concentré, je bois une gorgée de mon ravitaillement à chaque fois qu’un kilomètre bipe comme c’était prévu. Tout est sous contrôle.

>> Le piège du départ, un des 10 conseils pour gérer son marathon que je donne ici

La descente du marathon du Petit Train du Nord que je redoutais…

Au kilomètre 8 arrive le moment que je redoutais le plus : 5 km de descente. Beaucoup disent ce parcours facile grâce à son profil descendant. Dans le fond c’est vrai quand on est solide musculairement. De mon côté, je suis beaucoup plus nuancé et j’en avais même peur de cette descente. Parce que je me sais fragile des quads sur les longues distances. Que ce soit sur mes précédents marathons à Paris ou à Prague ou sur Ironman 70.3, j’ai très souvent fini avec des crampes aux quadriceps qui m’ont empêché de garde ma vitesse jusqu’au bout. Donc ce qu’il y a à gagner dans la descente… je sais que j’ai des chances de le reperdre x 10 sur la fin de course si j’en fais trop.

La descente est légère : 2%. J’ai testé mon allure marathon sur ce genre de descente avant la course et je sais à quoi elle correspond et ce que je ne dois surtout pas dépasser : 3’45/km. Sinon je me fracasse ensuite musculairement dans le mur du marathon. Mon but est même d’être conservateur et de courir à 3’50. Au final ça donnera 3’47, 3’47, 3’47, 3’45 et 3’44. 1′ de gagnée sur l’objectif mais je sens bien que musculairement j’ai déjà l’impression d’être au 23e et pas au 13e kilomètre !

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Des douleurs inattendues viennent perturber ce bon début de course

Les quads qui fatiguent, c’était attendu. Mais la petite pointe dans l’ischio droit (muscle qui n’a jamais connu aucune douleur en 17 ans de course…) elle non. J’essaye de bien me relâcher pour éviter qu’il ne crampe. La douleur restera 3-4 km avant de s’estomper et d’être remplacée… par une douleur au genou gauche. Tabarnak, ça va pas bien mon affaire. On est au kilomètre 18 et sur les 10 kilomètres suivant je vais sentir mon genou qui se bloque petit à petit.

Jour de course, pas de douleurs qui ne tienne !

Ça fait mal mais cette sensation de blocage mais je la connais. Je l’ai déjà eu dans le passé, et je sais que je peux courir avec même si c’est vraiment douloureux. Je me parle beaucoup, je pense au à mon livre référence « How bad do You want it ». Ça me fait penser à tous ces athlètes du livre qui n’étaient pas sûrs de réussir mais qui, au mental, l’on fait. Je repense surtout à mon pote Nico Danne qui sort du Tor des Géants et ses 350 km dans les Alpes. Il a fait plus de 200 km avec un genou bloqué. Dans ma tête, je suis prêt à faire 30 bornes comme ça s’il le faut, la douleur ne sera pas plus forte que moi aujourd’hui. Elle ne me ralentira pas, je l’ai décidé.

Heureusement, au km 28, au passage d’un ravitaillement animé, comme par hasard la douleur va disparaître, d’un coup. Je ne sais pas si c’est l’euphorie de voir du monde sur ce parcours très calme en dehors des ravitos, mais la douleur est partie. Alléluia bordel, après 10 bornes avec cette douleur je commençais à trouver ça vraiment long quand même ! 😀

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Allure conservatrice sur 20e au 30e km

Ces 10 kilomètres qui ont été assez plats et je n’ai pas poussé la machine. D’abord à cause du genou mais aussi pour être sage. Sur mes marathons précédents, de bonnes sensations au semi me faisaient analyser trop vite la situation et accélérer. Un marathon, c’est 30 km de balade avant que la course ne commence vraiment. Alors cette fois, à l’expérience, je reste sage avec des kilomètres entre 3’57 et 3’59, les plus lents depuis le début de ma course. Je me fais même doubler par 3 ou 4 coureurs. À l’expérience je ne bronche pas, je ne m’accroche pas, je reste relax.

Passage au semi-marathon en 1h22’11, je ne m’excite pas sur ce temps. Je sais qu’il inclut la partie descendante du parcours du marathon du Petit Train du Nord. La petite montée du parcours arrive sur les kilomètres 27 et 28. Je cours en 4’00 et 4’03, tout va bien, je ne lâche pas trop d’énergie.

>> À LIRE ABSOLUMENT : Mes 10 conseils pour réussir son marathon !

Une stratégie de ravitaillement aux petits oignons !

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En parlant d’énergie, ma stratégie de ravitaillement va super bien jusque-là. Je respecte à la lettre mon plan avec une flasque de 250 ml par heure (40 g/glucides). Avec un gel toutes les 45′ (25g/glucides) en plus. Ce qui donne au total 71 g de glucides / heure sur la durée du marathon. Même au 28e je sens que j’ai de l’énergie en masse. Si ça continue comme ça, la fin de course va être vraiment plaisante !

>> VOIR la vidéo détaillant ma stratégie de ravitaillement marathon

Quads en feu ⇒ adaptation de la technique de course pour faire avec

Par contre au moment ou la douleur au genou s’estompe, elle laisse de la place à penser aux quads qui ne me semblent pas pouvoir tenir 14 km à cette intensité. La descente du début a joué son rôle comme prévu. Je sens que ma poussée à chaque foulée perd petit à petit en puissance. Ce que j’arrive pour le moment à compenser en augmentant la cadence de course. C’est subtil mais là où j’étais autour de 180 ppm en moyenne depuis le début de la course, ça va grimper autour de 185ppm à partir de là. Pour le moment ça tient en courant de cette manière !

>> À LIRE : Tout sur la cadence de course (pourquoi 180 pas par minute ??)

Passage au 30e km se fera en 1h57 VS 2h00 sur le plan

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1h57′ c’est 3′ d’avance sur le 4’00/km et les 2h48 de mon objectif. Finir sur ce rythme donnerait 2h45. Mais je sais que tout peut encore s’écrouler alors même si je commence à y croire je ne m’excite pas. Je n’ai pas prévu d’accélérer avant le 34e km. Je continue de ronger mon frein, je prendrais même le temps de discuter avec un de mes copains d’aventure Olivier pendant quelques kilomètres. À ce fameux 34e km, j’ai encore l’énergie, pas de mur à l’horizon pour la première fois ! . Je ne relance pas pour autant. Mes quads sont vraiment à l’agonie, au bord des crampes. Je repasse même au-dessus des 4’00/km.

Le début d’une lente agonie comme sur mes précédents marathons ?

Ça aurait pu mais non. J’ai l’énergie et je me remets en tête que la douleur n’est que temporaire. Je me dis : « aller, on arrête de réfléchir c’est le moment de débrancher le cerveau et de tout donner ». Je fais repartir la machine avec un km en 3’55 qui me donnera encore plus le feu. L’euphorie et l’adrénaline me feront mettre un vrai coup d’accélérateur et enchaîner les 36e, 37e et 38e km en 3’49, 3’47, 3’48. Les muscles ne vont pas mieux, je suis à fond, je n’ai plus aucune marge, mais il reste 4 km et je me convaincs qu’il ne peut plus rien arriver. Même si ça ralentit le chrono sera ouf !

Des supporters sur le bord pour me pousser à ne rien lâcher

Je suis survolté et on commence à vraiment avoir du monde sur le bord du parcours pour nous booster ! Les traversées de rues sont un calvaire avec les routes bosselées du Québec… le moindre creux m’amène un début de crampe. Mais je relance à chaque fois et le rythme est toujours là ! 3’53, 3’53, 3’54 c’est toujours très bon même en serrant les dents très fort !! Je commence à calculer et me dire que je dois même avoir un peu de marge sur le sub 2h45. L’euphorie monte encore d’un cran et j’y vais vraiment all out sur le 42e km. Ce sera le plus rapide de toute ma course, descentes comprises. 3’43 sur ce kilomètre. J’avais rêvé de finir fort, je suis comblé !

2h44’33 sur ce marathon du Petit Train du Nord et un presque negative split !

Reste alors 195 m de pur plaisir pour aller jusqu’à la ligne en voyant le chrono afficher 2h44 et des poussières… je crampe de partout au moment ou je m’arrête mais je m’en fou, j’ai enfin réussi à courir un marathon à mon niveau et avec la manière. 2h44’33 soit un premier semi en 1h22’11 (avec descente) et un deuxième semi en 1h22’22. Pas de negative split mais considérant la descente du début, c’est tout comme !

Et surtout, c’est la première fois de ma vie que je n’ai aucune critique à me faire sur la gestion de course. Tout a été géré au mieux du début à la fin.

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Ça n’est qu’un début… j’ai de la marge sur ce record au marathon

Je vous le dis, il y a bien mieux à faire que sur ce marathon du Petit Train du Nord ! 10 semaines de prépa marathon seulement, une endurance musculaire encore trop faible pour tenir la vitesse de mon endurance cardio-respiratoire… Je vais travailler ça et revenir plus fort, en rêvant cette fois d’approcher un jour les 2h39’59 qui constitueraient l’aboutissement ultime.

>> J’ai préparé ce marathon avec un programme de Campus.coach

2 COMMENTS

  1. Au top ce récit, merci Nicolas! J’ai suivi tes conseils sur le marathon: la prépa, le ravito, la gestion de course et surtout le mental!! J’ai couru le marathon de Rennes ce week-end, après 2 ans sans marathon, et j’ai battu mon RP de plus de 25min! Du plaisir jusqu’au 35e et ensuite le mental pour oublier les douleurs musculaires qui m’ont un peu ralentie tout de même. Mais tes conseils résonnaient dans ma tête : garder le sourire, une foulée souple, serrer les dents et derniers coups de reins pour finir. Merci pour tout et bravo pour tes performances, ta progression et surtout ta manière de te relever à chaque épreuve ! Vive la vie, vive le sport

  2. Salut !
    Du coup tu es parti avec tes 4 flasques de 250 ml dans les poches ?
    C’est un peu le pb du marathon. On court en général sans sac à dos 😉

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