Connaissez-vous beaucoup de coureurs qui ont terminé 100 marathons ? Personnellement j’en connais un seul, il s’appelle Philippe Thuret. Je le suis depuis que j’ai démarré Running Addict il y a plus de 5 ans. Et surtout je suis vraiment admiratif. Alors je lui ai demandé de retracer l’histoire de ses 100 marathons. Car elle est riche, avec en plus un beau 2h47 comme performance de pointe, c’est solide ! Je vous laisse sur ce récit que je trouve inspirant sur tout un tas d’aspects !

L’histoire de l’homme aux 100 marathons !

Mon histoire avec le marathon a commencé il y a bien longtemps (en 1991 exactement), à l’époque où la distance Reine faisait à la fois peur mais aussi rêver, tellement elle paraissait inaccessible. Gelindo Bordin venait de remporter les JO de Séoul et mes idoles de l’époque s’appelaient Shorter, Bikila, Zatopek et bien sûr Alain Mimoun et Dominique Chauvalier. Courir sur la route dans les années 80 était assez curieux, alors imaginez ce que représentait courir un marathon !

Finalement, avec le recul, je m’aperçois que j’ai toujours aimé courir. Que ce soit à l’école ou dans la campagne creusoise. L’idée de m’attaquer au mythe s’est installée peu à peu dans ma tête pour devenir obsessionnelle. Avec en plus, le défi ultime de le faire en moins de 3h. C’est une femme qui va être le premier déclencheur : Raymonde Cornou ! Ce nom ne vous dit certainement pas grand-chose et pourtant elle a été une grande pionnière. C’est elle qui a ouvert à Paris la première vraie boutique dédiée entièrement à la course à pied (c’était en 1979 !).

Pour elle, il était tout simplement impossible de courir un premier marathon en moins de 3h alors que tant de coureurs confirmés s’y étaient cassés les dents tout au long de leur carrière. Certes je n’étais pas un coureur exceptionnel question chrono : 16’59 au 5 km, 36’22 au 10, 1h19’ au semi, mais comme ma force avait toujours été le mental, le challenge me plaisait bien pour lui démontrer le contraire.

Un premier marathon en moins de 3h !

Depuis 1989, j’étais dans un petit club des Yvelines (à Montesson), où l’entraînement était surtout basé sur la PPG, les cross et les tours de piste à n’en plus finir afin d’améliorer notre endurance. 3000, 5000 et 10 000m étaient mes distances quasi hebdomadaires. Serge Cottereau dans son livre (L’Encyclopédie pratique du jogging) avait complété mon expérience avec tout un tas de trucs et de consignes à appliquer pour éviter moultes erreurs classiques de celui qui croit tout savoir.

À gauche Marathon du Loir, 1992, à droite marathon de Paris, 1993

Ce premier marathon va occuper une grande partie de mon temps… au détriment du reste et grâce surtout à ma femme de l’époque. 12 semaines de préparation, plus de 1 200 km au total ! J’ai eu la chance de ne pas être blessé et que tout se passe sans heurt. Le jour J à Rouen en 1991 sera magique ! Je franchis la ligne d’arrivée en volant littéralement sur les derniers kilomètres pourtant difficiles en 2h57. Dommage qu’il n’y ait pas de photos de cette arrivée. Inutile de dire que Raymonde a eu ma visite dès le lendemain ! Elle a été très classe en reconnaissant que je l’avais beaucoup étonnée.

Une réussite comme celle ci dès la première tentative, difficile de ne pas avoir envie d’y retourner. Ce sera chose faite 6 mois après, en avril 1992, avec un nouveau marathon. Cette fois abordé de manière différente avec une participation en équipe de copains. L’objectif est toujours le même : un sub 3h ! Avec bien sûr le secret objectif de battre mon RP et obtenir une bonne place sur une épreuve qui ne regroupait pas un nombre très important de coureurs (300 environ). Malheureusement le vent de face tout le dernier semi aura raison de ma volonté. J’échouerai à 3h00’55 et une bien modeste 44ème place !

Un volume d’entraînement qui me fait descendre sous les 2h50

L’époque n’est pas à la quantité mais à la qualité, l’année sportive se décomposant alors en différentes parties, toujours les mêmes :

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  • Hiver : Cross et PPG
  • Printemps : Athlétisme pur avec piste sur 5 et 10 000 m avec une préparation marathon de début février à début avril, qui intègre la vitesse et la résistance obtenue sur piste
  • Eté : courses plaisir
  • Automne : 2ème préparation marathon sur 12 semaines avec cette fois des gros volumes en extérieur sur route ou forêt.

Grosse densité et gros volume ! Mais aussi le plaisir de partager en club avec 2/3 de potes du même niveau. Parfait pour encaisser tout ça avec bonheur.

Marathon de Reims 1992

Reims en octobre 1992 sera la résultante de ce programme : 2h57 encore ! Malgré tout, j’ai l’impression de stagner. Au même moment, j’intègre un nouveau paramètre : la nutrition qui, je l’avoue, n’était pas la première de mes préoccupations. C’était l’époque où l’ont faisait germer dans des assiettes avec du coton mouillé toute sortes de produits dont le blé bien sûr.

1993 sera ma plus belle année en terme de performances avec Paris en avril en 2h54, Châteauroux une semaine après avec des problèmes gastriques en 2h58 alors que j’étais super bien.

100 marathons et un record en 2h47
Marathon de Nevers en 1993

La récompense viendra en octobre avec Nevers en 2h47 qui sera mon record à jamais. Le tout avec une 4ème place et une belle prime de 800 francs. Ça m’avait permis de payer un bon restaurant à ma famille. Une course de folie où je passe les 15 km en 55′, laissant partir 10 coureurs devant moi tellement l’allure était rapide. Mais une course où j’ai remonté un à un 6 marathoniens avant d’échouer au pied du podium. Il aurait été gagné avec un petit km de plus !

Une descente aux enfers

Je ne le savais pas encore mais alors que je réussissais encore un magnifique cross en Provence, cette saison serait la dernière avant 10 ans d’arrêt, de souffrances et de grand n’importe quoi faute de n’avoir trouvé le pourquoi du comment de ma blessure. Malbouffe, alcool, déprime, ont remplacé progressivement la piste, la route et les vertes prairies. Jusqu’à monter à 93 kg, moi qui n’en avait jamais fait plus de 65/66 ! J’avais pourtant tenté quelques courses à l’arrache… Mais je n’acceptais pas d’être et d’avoir été ! J’ai presque chialé de faire 44′ au 10 km, c’est dire !

Le déclic est pourtant arrivé le jour où je ne m’y attendais plus ! Un passage de plus sur la balance qui m’a fait prendre conscience que les 100 kg n’étaient plus très loin et ça, ce n’était pas acceptable ! 5′ de marche, 5′ de course puis un peu plus chaque jour, difficile et cruel de s’y remettre, d’autant plus que j’avalais des boîtes entières d’antidépresseurs, que j’ai ainsi arrêtés du jour au lendemain !

Ma femme de l’époque est un puissant soutien, c’est grâce et avec elle que je vais perdre 23 kg avec un régime hyper protéiné de folie ! Impossible à tenir seul sans prendre le risque de se voir tuer enfants et tout le voisinage, tellement vous êtes enragés 🙂 Le marathon est toujours là dans un coin de ma tête mais comment imaginer en être à nouveau ?

Mon grand retour au marathon de Paris

la quête des 100 marathons
Marathon de Paris – 2006

Les années passent et il va falloir attendre un coup de pouce du destin pour à nouveau affronter la distance reine. Nous sommes en 2006, et grâce à un dossard gagné, offert par Jogging International, je suis au départ du marathon de Paris pour la 2ème fois, 14 ans après. Je suis comme un gosse au moment du départ, mélange d’excitation et de peur panique. Et pourtant tout va se dérouler au delà de mes espérances les plus folles en terminant en 3h12 !!!

Quelque chose de dingue qui me fait pleurer de longues minutes après l’arrivée. J’avais enfin ma revanche sur le destin ! Pourtant beaucoup de choses vont changer. Je vais certes continuer à faire quelques jolis chronos, mais plus jamais en dessous des 3h. Le meilleur en 3h04 à Nice-Cannes en 2008.

Marathon de New-York en 2007

Le plaisir est ailleurs au marathon de New York en 2007

Grâce à une amie de longue date, je porte désormais un regard nouveau sur le marathon en acceptant de le courir autrement que pour le chrono. Le Médoc d’abord, puis d’autres festifs, me montrent qu’il n’y a pas uniquement du plaisir dans les records à battre. Sachant que de toute façon, je n’ai plus ni la force ni l’envie de m’entraîner durement comme avant.

100 marathons et pas mal d'aventures
À gauche : Marathon du Médoc en 2009, à droite : Marathon de Boston en 2011

Mon défi d’atteindre 100 marathons !

J’ai décidé de me lancer d’autres défis comme l’atteinte de ces 100 marathons en 2018. Avec notamment 18 marathons en 2016, 30 en 2017 et 10 en 2018. Tout ça pour vivre la plus belle fête de ma vie de sportif au Beaujolais devant 700 personnes ! Des défis aussi comme ces enchaînements de 3 marathons en un week end Royan, Nantes et Sénart. Un le samedi, un le dimanche et un le lundi, avec les voyages entre chaque. Ou encore les 3 de suite en Angleterre en décembre 2017 dans des conditions assez dantesques (neige, pluie, froid).

Le marathon est une école de la vie mais c’est surtout un combat contre soi-même où tous ceux et celles qui terminent méritent le respect.

Maintenant j’essaye de les prendre comme ils viennent , sans entraînement particulier. Même si j’aurais envie de me poser et d’en refaire un sérieux en moins de 3h15. Mais il faut se préparer sérieusement et ça je n’en ai pas forcément envie en ce moment.

Athlète touche à tout, de l'athlétisme à la route en passant par le trail et même le duathlon. Autodidacte passionné des méthodes d'entraînement, je suis mon propre coach depuis 6 ans et applique ma devise "S'entraîner sérieusement sans se prendre au sérieux" pour progresser tout en prenant un maximum de plaisir !

5 COMMENTS

  1. Bonjour Niko ! J’ai aimé l’histoire de ce marathonien à travers Running-Addit qui me motive pour un marathon non vécu dont je suis persuadé capable de le courir.

  2. Salut Niko
    une histoire de marathonien… respect à Philippe pour cette volonté et ce parcours où chacun peu tirer un peu de force!
    je connais personnellement peu de centenaire, mais j’ai l’espoir d’en devenir un… un jour :)…
    on peux retrouver les centenaires français:https://www.planete-marathon.fr/Liste_centenaires.php
    pour en avoir croisé sur quelques lignes de départ, toujours de belles histoires, et je trouve qu’il se dégage une force à leur contact; je suis toujours tombé sur des athlètes humbles et prêt à partager; en même temps, sur marathon, la prétention n’est guère une qualité:)
    et merci à toi pour ces partages! bonne continuation
    Sylvain

  3. Une belle histoire, on boit le parallèle entre la vie ,les blessures et les résultats mais rien n’est jamais fini…
    Félicitations à Philippe pour son parcours.

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