Et si sourire pendant nos compétitions était un moyen simple d’améliorer nos performances ? Ça va sûrement vous sembler bizarre, mais plus je m’intéresse à ce sujet et plus je suis convaincu de l’effet positif que ça peut avoir, je l’ai même testé sur mes dernières courses !
Encore un sujet qui m’a 100% été inspiré par vos messages, vos commentaires, vos réactions à différents posts que j’ai pu faire ! Comme je le dis souvent vous êtes mes sources d’inspiration quand je réfléchis à mes sujets d’articles. Donc n’hésitez jamais à mettre un commentaire ! Je ne réponds pas toujours mais je les lis à chaque fois avec attention, c’est précieux pour moi ! ;)
Oui, sur cette course j’avais l’air facile, la preuve en vidéo
Que ce soit dans la vidéo où j’ai filmé mon semi-marathon couru en 1h15 l’été dernier ou sur mon récent Marathon du Petit Train du Nord terminé en 2h44 (la vidéo arrive sur la chaîne Youtube), on me dit souvent que j’ai l’air facile, que je ne force pas, pire, qu’à l’arrivée je semble vraiment frais ! Et c’est vrai qu’un sourire dans un moment où la fatigue et la douleur sont à leur maximum semble étonnant. Alors j’ai réfléchi un peu à tout ça.
J’ai réfléchi à pourquoi certains coureurs donnaient une impression de facilité tandis que d’autres semblent être toujours au bout de leur vie.
>> Voir le VLOG de ce semi en 1h15’45
Un exemple chez les pros : Luis VS Blummenfelt
Mon meilleur exemple est lorsque l’on regarde un des derniers triathlons de la saison passée. On y voit une bataille entre Vincent Luis et Kristian Blummenfelt. Ce sont deux opposés dans leur manière de faire transparaître l’effort. En regardant le norvégien on a l’impression qu’il est dans un sprint final du début à la fin de la course. Dans le même temps, Vincent Luis paraît hyper facile !


Avoir l’air facile, ne veut pas dire que c’est facile
Pour commencer, je vous invite donc à ne vraiment pas vous fier aux impressions. Car non, à ce niveau-là, personne n’est « facile ». Les images sont trompeuses, elles ne disent pas ce qui se passe à l’intérieur. On peut avoir le sourire pendant une compétition tout en donnant son maximum.
D’ailleurs, ma réflexion me fait même dire que c’est ce qu’il faut à tout prix rechercher. Car quand on est capable de sourire à l’allure prévue pour la compétition, c’est signe qu’on est en contrôle de ce que l’on fait, qu’on est dans cet état de zénitude où la course se passe exactement comme on le veut. Et évidemment qu’on prend du plaisir dans ce cas-là. C’est toujours dur et ça n’efface clairement pas la douleur de l’effort, ne vous méprenez pas sur mon propos ! Mais on est tellement heureux d’avoir les sensations qui permettent de s’exprimer à 100% que la douleur peut passer au second plan et le sourire vient tout seul !
>> À LIRE AUSSI : Le plaisir de courir est un ingrédient de la performance !
La « zone » : l’état de grâce du coureur !
Cet état, c’est ce qu’on appelle « la zone » dans le milieu de la course. Et je pense que cet état, il faut le mériter ! Car il n’arrive pas à chaque fois, loin de là ! C’est le signe qu’on est vraiment en forme donc ça veut dire qu’on a géré de manière parfaite son entraînement. C’est aussi le signe qu’on a parfaitement géré tous les aspects de la compétition qui permettent d’y arriver. L’affûtage, l’avant course, les ravitaillements, la gestion de son allure, etc. Tous ces points et d’autres encore vont avoir un gros rôle !
C’est comme un château de cartes. Tout va bien jusqu’à ce qu’on fasse une toute petite erreur, et là tout s’écroule ! En course, ça veut dire qu’au lieu d’atteindre cet état de plénitude, on passe de l’autre côté de la barrière. Et là, ça fait mal ! Plus de sourire, plus d’impression de facilité, on en chie et c’est tout ! C’est le mur comme on l’appelle sur le marathon.
Garder le sourire, rester en contrôle de ce que l’on fait, c’est pour moi la course idéale. Celle qui permet presque toujours d’atteindre son objectif. On flirte avec la limite mais sans jamais la dépasser ! Là on peut dire sans se tromper « j’ai réussi ma course ».
>> Pour le bon entraînement je vous le donne ici ! ;)
Accepter la douleur, elle fait partie de l’effort
Et il y a un autre aspect qui à mon avis est primordial à comprendre pour réussir à rentrer dans cet état. Cet aspect, c’est ce que les Américains décriraient comme « embrace the pain ». Un terme assez difficile à traduire et que je résumerai en : « accepter la douleur » même s’il manque une partie du sens je n’ai pas trouvé mieux. On le sait aujourd’hui, la douleur physique que l’on ressent lors d’un effort aussi intense soit-il, n’est qu’un signal de notre cerveau pour essayer de nous faire ralentir et revenir à un état où il est capable de gérer sans problème.
>> Livre sur le sujet : « How bad do you want it » que je relis avant chaque course objectif
La douleur n’est en quelque sorte pas réelle.
Accepter cette sensation physique et l’associer à l’effort change tout. Le but est en quelque sorte de rendre normale, cette douleur pour ne plus la redouter. On ne subit plus la douleur car on sait qu’elle sera inévitablement là quand on s’approchera de notre limite. On l’intègre, on l’accepte, on ne la subit plus. C’est comme cela qu’on maintient des allures extrêmement rapides sur certains entraînements clés et sur les compétitions. On sait que la douleur va faire partie de l’équation, on s’y prépare et on ne lutte pas contre elle, on l’accepte comme quelque chose de normal.

On ne réussit pas cela à toutes ses courses !
C’est très facile à dire d’accepter la douleur comme normale ! Mais le cerveau est tenace pour nous faire ralentir. Et si on ne gère pas parfaitement et qu’on va au-delà de la limite, on a aucune chance d’y arriver.
Les détails qui peuvent empêcher d’arriver dans cet état en fin de course sont tellement nombreux. Mais avec l’expérience, on apprend et on est capable de se rapprocher de plus en plus souvent de cet état. Et au final prendre de plus en plus de plaisir dans ces compétitions !
Et, quand j’analyse un peu mes différentes compétitions, c’est flagrant. J’ai mis longtemps avant de découvrir cet état. Parce qu’avant, il y avait toujours un détail que je gérais mal. En particulier la gestion de mon allure de course ! Je le répète souvent mais partir trop vite, au-delà de ce que notre corps est capable d’encaisser, c’est foncer droit dans le mur. Et là, on oublie ces sensations puisqu’on va se mettre dans le rouge rapidement et qu’on ne sortira alors plus jamais de cet état !
>> Plus on est prêt, plus on a de chance d’atteindre cet état !

Un plan de ravitaillement adapté : indispensable pour être en contrôle !
Petite parenthèse sur le ravitaillement. C’est l’élément central pour réussir à atteindre cet état de flow ou l’on est à la fois dans le plaisir et la douleur mais qu’on arrive à maintenir le rythme. Tant qu’on a l’énergie pour, on va réussir à tenir au mental. Mais au moindre manque, le cerveau va vous le faire payer cash.
>> Morale : Lisez cet article pour préparer votre stratégie de ravitaillement en course !
Sourire permet de mieux accepter la difficulté de l’effort !
Et au final, je suis convaincu que le sourire aide à courir plus vite ! Car sourire, c’est un signe de grand relâchement et le relâchement, c’est l’allier numéro un du coureur ! Dès qu’on passe dans un mode « difficulté extrême », qu’on passe la limite et qu’on subit la course, on se crispe. Et là, on perd ce relâchement et on perd donc encore plus en vitesse. C’est le cercle vicieux des fins de course difficiles !
Alors même quand c’est dur, j’essaye de rester le plus longtemps possible dans un état d’esprit positif. En me disant que oui, c’est difficile mais que c’est normal, que je ne dois pas me concentrer sur cette difficulté. Au contraire je dois penser à me relâcher et de continuer de courir efficacement. C’est très dur de garder ce type de focus en fin de course ! Mais je trouve que sourire, se dire qu’on est bien, croiser le regard d’un spectateur, ce sont des choses qui permettent de diminuer l’impression de difficulté et donc de se relâcher plus. Et plus on arrive à garder du relâchement, à rester en contrôle de ce que l’on fait et plus vite on va atteindre la ligne d’arrivée !


Hello,
Ne pas oublier que rien que le fait de sourire permet de relâcher une certaine quantité d’endorphine et autres molecules qui seront précieuses pour maintenir un effort douloureux, c’est un cercle vertueux.
Nico, excellent ta réflexion sur le sourire, le coureur qui maîtrise cette technique est Eliud Kipchoge.
Je valide +++
A l’entraînement, sur du fractionné, je commençais à piocher sévère sur l’allure.
Et d’un coup je me suis dit à haute voix : « mais t’es con ! Tu as déjà fait beaucoup plus dur que ce rythme là en fractionné…
Et là miracle, j’ai retrouvé mon souffle et ai pu poursuivre au rythme imposé et sans gêne particulière.
☺️
Je suis entièrement d’accord avec vous. J’ai aussi remarqué que l’état d’esprit et notre mental joue un role fondamental sur notre performance.
J’ai lu ton blog et tes conseils et te remercie sincèrement car je ne cours plus comme avant et j’ai fait d’énorme progrès.
Je me demandais si tu avais déjà écris sur la manière de respirer en course car je pense aussi que cela joue bcp mais je ne suis qu’au niveau de l’expérimentation et je n’ai pas de conclusion pour le moment. Pareil pour la course en descente, quels appuis,….
Encore merci …
Merci Niko d’avoir abordé ce sujet à la fois motivant et intriguant !
Je suis entièrement convaincu par les bienfaits de l’optimisme et du plaisir sur la performance ! Les études scientifiques ne font pas encore légion mais ce n’est qu’une question de temps je crois !
Je reçois également souvent ce type de commentaires. On ne dirait pas que tu as couru, tu as l’air aussi fraîche qu’au départ. Hehe, effectivement, on voit que l’apparence et pas ce qu’il se passe à l’intérieur. De mon côté, je déteste les photos, donc je fais toujours des grimaces sur les photos en fin de parcours, je penserais à sourire pour accueillir la douleur