L’abandon ? Ça n’est pas une option. En tous cas ça ne l’est plus.

« Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends. » – Nelson Mandela

Et le jour que je vais vous raconter est sûrement celui où j’ai le plus appris. J’ai appris dans la douleur mais encore aujourd’hui ça reste comme un traumatisme dans ma tête et je m’en sers régulièrement pour me dépasser. Je vous mets un bout de vidéo d’archive ci-dessous, vous allez comprendre ! 🙂

Résumé de ce grand moment de solitude…

C’est une vidéo qui date de 2006, 2 ans environ après mes débuts en course à pied. On est sur un 800m, l’épreuve que je pratiquais le plus à cette époque. Je suis le bonhomme aux couleur ciel et marine avec les grandes jambes et les bras qui jouent du tambour.

Passons, ça n’est pas sur la technique que je veux m’attarder aujourd’hui. Là on est dans le dernier tour, ce moment du 800m ou les jambes brûlent littéralement et le cerveau nous hurle littéralement de ralentir. C’est extrêmement dur à ce moment de la course. Bien plus dur qu’une séance de côtes ou de VMA ! Surtout que je suis sur un excellent rythme par rapport à mon niveau de l’époque. Dernier virage à 200m de la ligne… ça devient très difficile de tenir le rythme ! Mais il faut s’accrocher. Et là, c’est le drame, j’abandonne.

Pourquoi ai-je abandonné ?

Aucune blessure, aucune raison, aucune excuse.

J’ai juste écouté cette voix lancinante qui me disait que c’était trop dur et qu’il fallait mieux que j’abandonne. L’erreur la plus bête, l’erreur la plus grossière que j’ai pu faire de toute ma « carrière » de coureur. Ça me reste encore aujourd’hui en travers de la gorge. C’est même dur d’en parler tellement j’ai été déçu de cette décision.

Un abandon, des regrets… mais ça n’a endurci pour la suite !

Le fait est que je n’ai plus de regrets aujourd’hui. Car je pense que cet abandon m’a énormément servi pour la suite. Les réussites sont très cool à vivre, mais les échecs sont ce qu’il y a de plus formateur. Plus grosse est la claque que l’on se prend dans la gueule, plus gros sera l’apprentissage et plus fort on en ressortira.

Je ne vous dis pas qu’il faut chercher à faire des erreurs. On en fait pas exprès sur le moment quand on fait une erreur. Ce que je dis c’est qu’il ne faut pas chercher à les oublier, il ne faut pas non plus se culpabiliser trop longtemps. L’important c’est de rebondir et de servir de cette erreur.

>> Essayez quand même d’éviter ces 5 erreurs basiques ! 🙂

Le jour où j'ai abandonné


Et depuis ? 14 ans sans abandon.

De mon côté, la réponse a été clair : Plus jamais je n’abandonnerai en course si je ne suis pas blessé. Et en effet, depuis 2006, je n’ai plu abandonné une seule course. En forme comme au semi de Vancouver en 1h15. Pas en forme comme sur ce semi extrêmement difficile à la Nouvelle-Orléans. Facile ou difficile, peut importe, j’ai fini toutes mes courses. Et surtout je pense que je les ai fini beaucoup plus fort. Cette erreur me revient régulièrement en course dans les moments difficiles.

Je suis sûr que vous connaissez ces moments où l’envie d’abandonner est forte. Dans le troisième quart de la course, quand on est encore loin de l’arrivée et qu’on est en proie au doute. Parce que c’est dur de tenir le rythme, qu’on est pas sûr qu’on va tenir. C’est à ce moment qu’on est le plus vulnérable et que notre cerveau tente de nous ramener vers une situation où il contrôle… On a envie de ralentir, parfois même d’abandonner. Mais c’est à ce moment précis que tout ce joue dans une course et qu’il faut être suffisamment fort dans sa tête pour dire NON et relancer l’allure plutôt que d’accepter que de ralentir.

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Quand on se pose la question, c’est qu’on a le choix.

Si vous devez vraiment ralentir car l’effort est trop intense, votre cerveau dispose de beaucoup de mécanismes pour vous forcer à le faire et il saura les activer si nécessaire. Donc si vous vous êtes entraîné sérieusement et que vous avez a géré votre course comme le prévoyait votre plan, dans la majeure partie des cas, il n’y a pas de raison de ralentir. Il faut tenir, refuser d’écouter les pensées négatives et donner le maximum.

Ça ne veut pas dire que vous tiendrez le rythme jusqu’au bout. Mais il faut essayer de tenir le plus longtemps possible. Car on peut toujours aller beaucoup plus loin que ces moments de doutes. Et si vous n’êtes pas totalement dans le rouge, plus la fin de course va approcher, plus vous allez trouver votre second souffle, prendre confiance dans le fait que vous pouvez tenir encore 500m, et puis 500m de plus… parfois jusqu’à la ligne !.

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Le jour où j'ai abandonné

Apprenez de vos erreurs, vous en ferez toujours !

Voilà ce que cet abandon m’a appris au final. Il m’a appris à ne plus écouter les pensées négatives. À les laisser de côté et au contraire à me dire que cette difficulté était normale. cette difficulté fait partie du jeu de la compétition et que si on la ressent dans le 3ème quart d’une course, c’est juste qu’on est au bon niveau d’effort ! Courir proche de sa sa limite c’est avoir de la difficulté en fin de course ! Et à ce moment… ça dépend alors en grande partie de notre volonté à tenir !

Athlète touche à tout, de l'athlétisme à la route en passant par le trail et même le duathlon. Autodidacte passionné des méthodes d'entraînement, je suis mon propre coach depuis 6 ans et applique ma devise "S'entraîner sérieusement sans se prendre au sérieux" pour progresser tout en prenant un maximum de plaisir !

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