Il est hors de question pour moi de louper cette Montée Royale ! Car la Montée Royale, c’est une des deux seules courses qui se courent sur le magnifique Mont-Royal à Montréal. En plus, j’avais besoin de laver l’affront du week-end précédent. Un 10km ou je n’ai même pas pris le départ… Cette Montée Royal, c’était la dernière course à mon programme avant de clore cette 1ère moitié de saison. Une course sans ambition aucune que de tout donner. Tout donner pour évacuer le stress, la pression, la frustration, la fatigue actuelle. Pas les meilleures conditions pour courir au final, mais j’en avais besoin.
Cauchemar au programme de cette Montée Royale ?
Mais l’histoire du weekend dernier aurait pu se répéter. Quand le départ de la course est à 18h30 et qu’à 17h05 tu es encore coincé en réunion à l’autre bout de la ville, autant dire que ce n’était pas gagné… 5km pour rentrer à la maison à vélo sur un rythme d’enfer, une tenue de course enfilée en express et c’est parti pour un échauffement… loin du standard que je recommande dans mes conseils running !
Il est 17h45 et j’ai environ 6km pour arriver au bas du Mont Royal alors autant vous dire que l’échauffement n’en aura en effet que le nom ! Car je dois aussi récupérer mon dossard sur place. Je suis hyper stressé. La peur de revivre la même chose que samedi dernier, y aller pour ne pas courir est grande. Mais non, ça n’arrivera pas, je cours à 4’20 / km sur cet “échauffement”. Alors oui, c’est sûr je brûle mes cartouches avant même le départ de la course. Je le sais mais qu’importe si l’autre option est de ne même pas courir, je préfère encore ça !
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Fatigue 100%, Force 0%…
J’arriverais finalement à 18h12, cramé mais avec mon dossard. Ça promet… Je me demande un peu ce que je fais là en attendant le départ ! Je m’excuse auprès de ceux qui sont venus gentiment me parler à ce moment, ma lucidité n’était pas au top ! C’est comme si j’avais déjà terminé une première compétition avant d’attaquer la vraie.
Quelques minutes allongé pour essayer de faire retomber la pression, un peu de calme pour la 1ère fois depuis le début de la journée, ça fait du bien ! Puis quelques gammes et lignes droite pour avoir une fin d’échauffement efficace. Et puis ça y est, c’est déjà l’heure d’aller au départ. Tout ce que je viens de vous raconter a dû prendre 10 minutes au total. Je suis en pilote automatique avant ce départ. Je connais ce moment par coeur, je saute sur place, me concentre et me mets dans ma course.
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Montée Royale en mode : Force 0%, Mental 110%
Au départ, je me retrouve 4ème, dans le groupe de tête. Je me dis que c’est un peu présomptueux quand 200m plus tard je souffle déjà fort au 1er virage. Mais je suis là pour ça, j’ai envie de me mettre mal, de me battre contre la douleur, de dépasser mes limites, de tester mon mental dans cette période compliquée. Je ne lâche donc rien sur le trio de tête emmené par mon pote Steve. KM1, je suis déjà cuit, KM2 je suis ultra cuit, KM3 je suis à l’agonie…
D’un côté c’est le principe de ce type de course… Un 5km c’est déjà dur alors un 5km en côte… Je ne vous ai pas dit que c’était une course de côte ! Cette Montée Royale ne s’appelle pas comme ça pour rien ! On a le droit à un joli 120m de dénivelé positif au total sur ce 5km !
Bref, à ce moment je suis à l’agonie et je commence alors doucement à lâcher quelques mètres. Je n’en peux plus et il reste 2 km comme ça. Un quart de seconde j’a failli lâcher définitivement prise, le coup classique au 2/3 de la course quand on se bat avec soi même ! Mais le 3ème m’a rapidement imité et j’ai finalement pris le parti d’essayer de relancer, de profiter d’un replat pour le doubler.

Une Montée Royale pour le plaisir de se dépasser
Effort payé cash quelques dizaines de mètres plus loin, il repasse, me lâche, et je ne le reverrais plus… Il reste 1,5km, dont le km le plus dur. Je fais ce que je peux, un pas après l’autre, le cardio proche de l’explosion et du lactique jusqu’aux oreilles. À 500m de l’arrivée, virage en épingle, ça redescend et je vois pour la 1ère fois où est mon poursuivant. Une bonne cinquantaine de mètres derrière, je suis tranquille, je finis donc en roue libre, manque de louper le virage final vers l’arche d’arrivée… La déchéance commence, je suis au sol, décomposé, j’ai été au bout, j’ai donnée tout ce que j’avais aujourd’hui…
Pari réussi, j’ai réussi à activer mon mental de guerrier, à faire une belle course en terminant 4ème, remportée par… celui que j’avais battu au sprint pour la 3ème place l’an passé… Avec les conditions que vous savez, je suis fier de ma course. Fier de m’être prouvé une fois de plus que je savais me faire mal, oublier le contexte pour donner le maximum quoi qu’il en coûte.
Un récit que seul les Running Addicts peuvent vraiment comprendre, cela paraîtrait sûrement complètement con pour beaucoup, mais qu’importe, j’adore ça… Qu’est-ce que c’est bon la course !

Toutes mes félicitations, champion !!!
Pour ton récit, les runners te comprendront, les autres passeront leur chemin…
Merci @ingrid !
Ceux qui passeront leur chemin ne sont pas ma cible. On peut être sportif occasionnel et comprendre cet état d’esprit, aimer l’aspect combatif même si on ne le pratique pas. Ceux qui ne comprendraient pas, je ne peux pas faire grand chose pour eux, je suis comme ça un compétiteur, c’est ancré, ça ne changera pas ! :)
Je pense que l’esprit combatif fait parti un moment ou un autre du coureur.
En tout cas, en ce qui me concerne, cet état d’esprit m’est arrivée dessus sans crier gare pourtant je pratique depuis peu et ton récit va fait revivre certaines sorties difficiles. :)
Félicitations ! Une belle preuve que le mental à toute son importance dans une course.
Merci @dom ! Je le savais mais je me suis prouvé une fois de plus que si le physique est très important, on peut être à mille lieux de l’utiliser correctement si le mental n,est pas à la hauteur derrière, le cerveau est le moteur principal de la performance ! :)
Respect et Robustesse … Bienvenue chez les gladiateurs runners !
Très belle leçon de sport et de courage
Merci @coptere ! ;)
Course sans enjeu sur le papier, mais importante en terme de persévérance, course à se rappeler en plein objectif quand je serai en forme et que j’aurai besoin d’aller cherche le petit plus !!
Cette course c’était un peu la vengeance du weekend dernier…et quand tu te venges, t’y vas pas avec le dos de la cuillère!!!!!
Sacré perf, bravo!!!!
@firerasta vengeance du weekend dernier + pression du boulot qui commençait à peser = Nico en mode vénère ! :)
Espèce de tare ah ah ;)
bravo coach d’avoir su donner le meilleur de toi même malgré tout !
@dreyliciouss je le prend comme un compliment ! ;)
Tu avais besoin de tout donner et de t’arracher. C’est là dedans que tu évacues la pression, le stress et la fatigue. Maintenant, repose toi quand même, hein ? Et, bientôt, bientôt, les vacances ;-)
@marjolaine-rapog oui comme tu le dis ! Avec l’énergie du désespoir comme on dit ! :D
Vacances dans 2 jours, repos, en espérant revenir assez en forme pour encaisser le choix sur tous les fronts ensuite… ;)
Hey Niko,
J’admire ça. Je n’ai pas encore pu m’arracher à ce point et aller au bout. La peur de faire une syncope ? Je sais pas. Je vois que Mercredi sur mon test 10 kil, j’ai couru à 86% de moyenne, donc pas au max possible. C’était difficile mais jamais désagréable.
Donc, respect !
@+
Jérôme
@jerome pas peur de la syncope de mon côté, si je dois mourir autant que ce soit en courant ! :D
Simplement chapeau. Tu montres aussi que c’est dur le running mais que si tu lâches pas c’est ces courses dont on est le plus fier !!!