C’est paradoxal je vous l’accorde. Qui a commencé par apprendre à courir ? Le geste en soi est inné puisqu’on le répète depuis notre enfance. Surtout quand cette question vient de quelqu’un qui court depuis près de 15 ans. Pourtant c’est en apprenant à nager que j’ai compris pas mal de choses sur la course à pied. Et plus je nage, plus je fais des parallèles ensuite lorsque je suis en train de courir…

Tout est dans la technique en natation !

On doit apprendre à bien nager pour progresser, alors pourquoi ne pas apprendre à courir ? Dans l’eau, la technique représente une grosse partie du travail pour aller plus vite. C’est en grande partie dû au fait que la densité de l’eau est environ 1 000 fois plus dense que l’air. Du coup, même une petite différence dans le geste peut induire un gros freinage sous l’eau. Une bonne technique permet donc de nager beaucoup plus vite sans même avoir à forcer. Je le vis au quotidien et ça m’a confirmé qu’apprendre à courir, à bien courir est une des clés !

La part de la technique en course dans la performance

Car au final la logique est la même en course à pied. La différence, c’est qu’on n’a pas cet effet de freinage car l’air n’est pas aussi dense. Difficile donc de ressentir qu’un geste mal exécuté parasite notre course en avant. Pourtant, un bras qui ne reste pas assez dans l’axe du mouvement, une rotation du haut du corps inexistante ou au contraire trop importante, un corps pas assez aligné / qui se désaxe au niveau du bassin, une foulée trop ample / pas assez fréquente… Ce sont autant de choses qui, mises bout à bout, vont nous ralentir à chacune de nos foulées ! De façon minime par rapport à la natation certes, mais de manière certaine.

Je pense que l’effet moindre de ces détails techniques sur le chronomètre fait qu’on met naturellement moins le focus sur la technique en course à pied qu’en natation. En quelque sorte, c’est normal, on doit travailler en priorité ce qui a le plus d’effet ! Mais je pense aussi que, sans aller jusqu’à consacrer des sessions complètes au travail technique… apprendre à courir correctement, ça peut juste être de penser à corriger un défaut pendant les footings. Ou encore, faire des gammes régulièrement à l’échauffement va avoir un rôle important sur la progression à long terme ! Je vous remets la vidéo ci-dessous de l’échauffement que j’effectue avant une séance. Elle contient des exercices qui, réalisés régulièrement, vont avoir un effet très positif sur votre foulée.

Économie d’énergie = plus de vitesse !

Besoin de preuves ? Plus on améliore sa technique de course, moins on dépense d’énergie pour courir à une vitesse donnée. Beaucoup d’études se sont déjà penchées sur le sujet. On parle même du facteur économie de course, “Running economy” en anglais, comme un facteur majeur de la performance. Alors même si le Running Economy inclue également l’efficacité énergétique et métabolique du corps (comme on peut voir grâce à cette étude), on voit bien l’intérêt que l’on peut avoir à travailler sa technique de course et à devenir plus efficace !

Sur le graphique ci-dessous, vous avez 2 coureurs qui ont une même vo2max (quantité maximale d’oxygène que l’organisme peut prélever, transporter, et utiliser par unité de temps). Le premier coureur a une très bonne technique de course. Le second, une technique beaucoup moins efficace. Et bien, la vitesse qu’ils sont capables de tenir à leur Vo2max est totalement différente : 1km/h d’écart. Même capacité physique de base mais exploitée différemment. Pour info, 1km/h sur un marathon c’est de 10 à près de 30’ selon la vitesse à laquelle vous courrez ! Ça laisse songeur 🙂Nager fait apprendre à courir !

Apprendre à courir efficacement fait progresser, c’est tout !

Alors oui la technique de course n’est qu’un des paramètres de la performance. Apprendre à courir correctement est loin d’avoir autant d’impact qu’en natation… Et ce n’est peut-être pas la partie de l’entraînement que vous préférez… Mais je trouve qu’on passe trop de temps à parler des séances de VMA ou encore des séances de seuil et pas assez de la technique. Car au final, même si c’est quelque chose que l’on n’arrive pas à sentir instantanément, sur le long terme l’impact d’une meilleure technique de course est énorme ! 🙂

>> Et pour relire l’article complet sur la technique de course, c’est par ici !

Athlète touche à tout, de l'athlétisme à la route en passant par le trail et même le duathlon. Autodidacte passionné des méthodes d'entraînement, je suis mon propre coach depuis 6 ans et applique ma devise "S'entraîner sérieusement sans se prendre au sérieux" pour progresser tout en prenant un maximum de plaisir !

5 COMMENTS

  1. Tout à fait d’accord avec toi, je prends l’exemple de Sage Canaday qui a un jour fait un test de VO2max et il s’est avéré qu’elle n’est pas si élevée que ça !
    ”Seulement” 65 ou 66, ce qui ne l’empêche pas de faire le marathon en 2h18… Il pense que l’économie de course est une des plus grosses déterminantes de la performance, preuve en est que c’est vrai !
    • Tout à fait d’accord ! C’est justement un des nombreux exemples Sage Canaday. 2h19 au marathon mais pas “impressionnant” dans ces séances d’entraînement. Quand je dis pas impressionnant on s’entend évidemment hein ! Mais on voit que sa vitesse sur 5 ou 10km est plutôt faible quand on regarde ses temps au marathon. Ces séances sont assez parlantes, son allure marathon est très proche de son allure au seuil qui est très proche de son allure 10k qui est très proche de son allure 5k…. Bref, toute la logique de l’économie de course ! Ce genre d’exemple pousse à se poser des questions ! 😉
  2. Bonjour
    Moi je m’entraîne assidûment depuis bientôt 2 ans, oui j’ai un peu progresser, mais mon souffle est toujours aussi compliqué, mes jambes, n’en parlons parlons pas , j’ai l’impression d’avoir 150 kgs à chaque cannes à soulever et de me traîner au sol, pourtant séances footing, seuil, fractionnés, 3 fois par semaine avec 20 minutes de renfos à chaque fois, je suis plustôt entrain de me perdre et me dire, que je ne suis finalement pas faite pour ce sport, dommage, j’éprouvais du plaisir, mais impossible de franchir cette barre d’une heure un 10 kms, moi qui voulais faire un semi-marathon…..snif, il est peut être temps pour moi de m’arrêter un moment, mais j’ai peur de régresser encore plus car je n’ai pas assez de niveau , pour espérer ne rien perdre, je n’ose même plus venir m’entrainer au club car j’ai l’impression d’être le boulet que l’on attends.
    • Salut Marie, je me permets de rebondir sur ton post en espérant te donner un peu de courage pour continuer à courir… Voici ma petite histoire : j’ai un physique de coureur 1m81, grandes jambes, pouls à 40 au repos, mon premier semi-marathon en 1h31 à 18 ans. Bref ça promettait de belles années de plaisir et de perf ! Je n’ai jamais été très sérieux dans le rythme de mes entrainements et me suis maintenu à 1h40 en moyenne jusqu’à 25 ans. Là j’ai commencé à me blesser (1 puis les 2 genoux). En fait à 25 ans mes genoux avaient lâchés : ménisques usés. J’avais des genoux de papy. Du coup j’ai continué à courir “pour le plaisir”, 10km max, sans forcer, mais malgré toutes les semelles du monde et les meilleurs amortis de mes ASICS, mes genoux me faisaient toujours souffrir. J’ai fait ça 10 ans environ, sans travailler la technique, et dans une impasse… Je me suis intéressé à la course minimaliste il y a 3 ans. Et là forcément on doit s’intéresser à la technique. J’ai tout repris à zéro, ai effectué ma “transition” pendant 2 bonnes années (premiers entrainement ne duraient que 3 minutes…) Là ça fait 3 ans, et ça y est je suis “opérationnel”, j’ai couru mon 1er trail ce WE sans problème, sans douleurs. Mes genoux ne me font plus souffrir grâce à cette méthode de course qui repose sur des fondamentaux biomécaniques plus respectueux de notre anatomie. Autre thème essentiel : je pense que je n’aurais pas été capable de faire ma transition minimaliste sans la natation qui a développé mon dos et donc me permets une bonne posture bien droite (j’étais un peu vouté avant…) Tout ça pour dire quoi : j’ai mis presque 15 ans à trouver les clés pour “courir sans souffrir”, et ce en expérimentant les idées que je glanais à gauche à droite. Du coup aujourd’hui je vois le running comme un vaste champs d’expérimentation de mon corps. Alors si j’ai un conseil : prends ton temps, expérimente, respecte ton corps, ne te stresse pas parce que les autres avancent plus vite que toi…
  3. WOAH merci beaucoup
    Oui je suis allée trop vite en besogne et n’ai rien compris aux premiers entraînements, du coup je pense effectivement que je dois tout reprendre a 0,
    c’est dure de l’accepte………r mais quand je lis les articles et tous les post qui vont avec, ainsi que ta réponse j’ai envie de rester dans le coup d’addict run , car réellement, j’adore courir , respirer l’air de mes montagnes courir avec ma chienne, entre deux clients, tôt le matin, voir le levé du soleil, finalement c’est bien ça le top du top, le plaisir….
    Mais effectivement tu l’as bien dit je regarde trop ceux qui vont plus vite, surtout quand eux viennent juste de commencer…….
    Un grand merci

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