Comment courir un marathon

Mois 1 | Créer une base solide

Semaine 4

La semaine d’assimilation pour garder la forme

Une des priorités lors de la préparation d’un marathon, c’est de bien gérer la fatigue que vont produire les entraînements. Car l’entraînement pour un marathon, c’est plus de kilomètres que d’habitude et des séances qui deviennent progressivement plus longues et plus intenses. Le plus important pour réussir sa préparation marathon, c’est d’y aller progressivement dans l’augmentation du kilométrage et de l’intensité. En fait, vous n’avez pas vraiment à vous en soucier, le plan d’entraînement que je vous propose prend déjà en compte tous ces aspects. Si vous aviez un volume d’entraînement cohérent avec la préparation d’un marathon avant de démarrer le plan, ça ne posera pas de problème. Et si vous avez bien suivi la section précédente avec les basiques de la récupération, vous allez être au top ! Mais comprendre comment ça fonctionne et pourquoi on progresse est toujours intéressant non ? Pourquoi est-ce que cette semaine 4 se nomme semaine d’assimilation ? Je vous explique ça !

Progresser c’est générer volontairement de la fatigue

Pour améliorer notre forme, on doit stresser notre organisme pour l’obliger à s’adapter et donc à se renforcer. En fait, plus on va générer un stress important, et plus on va progresser de manière importante ! Mais il y a une contrepartie à ça : la fatigue ! Notre corps a une quantité limitée de stress qu’il est capable d’encaisser. Et si on en fait trop on va emmagasiner une fatigue qui va nous empêcher de vraiment progresser.

La fatigue prend différentes formes

Un entraînement peut générer de la fatigue de plusieurs manières. Chaque type de fatigue est à prendre en compte lorsque l’on veut gérer la fatigue après un entraînement.

  • Fatigue musculaire

Nos muscles sont composés de multiples fibres musculaires qui ne sont pas toutes utilisées en même temps. En fonction de l’intensité demandée, le nombre de fibres musculaires nécessaire est plus ou moins important. Assez logiquement, plus on utilise ses fibres musculaires, plus elles sont susceptibles de fatiguer.

C’est la fatigue que l’on ressent quand on a du mal à courir efficacement, que la foulée devient moins dynamique. Quand on est musculairement fatigué, on a beau vouloir accélérer en mettant plus d’énergie, les muscles ne sont plus capables de fonctionner normalement et on se retrouve donc à ralentir malgré nous. On y reviendra, mais si on parle souvent de mur du marathon pour cause de manque de sucre dans le sang et donc de moyen de créer de l’énergie… on est aussi très souvent limité musculairement sur un marathon. C’est pour ça qu’on fait pas mal de côtes dans le programme pour se renforcer et que cette fatigue arrive plus tard.

  • Fatigue neurologique

Notre cerveau aussi se fatigue à l’entraînement et a besoin de repos pour être au top ! Car au final, tout est contrôlé par le cerveau. C’est lui qui commande tous nos mouvements. La fatigue consiste ici en une baisse de la qualité de la transmission et de la réception des signaux. Les moto-neurones qui contrôlent les fibres musculaires sont fatigués et ont du mal à faire leur travail de coordination correctement. Bref, l’efficacité de notre foulée baisse au passage et tout devient de plus en plus dur !

  • Fatigue métabolique

Dans les muscles, il y a des cellules dont le rôle est de créer l’énergie nécessaire pour avancer. Et bien, ces cellules aussi peuvent fatiguer. Leur endurance est énorme… mais les entraînements que l’on fait les poussent quand même à bout ! Et si elles se mettent à créer de l’énergie un tout petit peu moins rapidement… l’énergie dont on dispose pour avancer est donc moins importante ! (et je parle juste de fatigue, je n’évoque pas le manque de sucre qui peut les empêcher tout simplement de créer de l’énergie via cette filière et là… boom, le mur !).

  • Fatigue générale

C’est la somme de tous les types de fatigue que j’ai évoqués au-dessus + celle de la vie quotidienne qu’il ne faut vraiment pas négliger ! Plus une journée est intense, plus on a besoin de repos pour récupérer notre niveau d’énergie initial. Que ce soit niveau pro, perso ou sportif, tout compte ! Pensez-y, parfois un entraînement vous semble vraiment dur, vous êtes sans énergie et questionnez votre plan d’entraînement… C’est peut-être juste que vous vous entraînez après une journée où vous avez déjà donné toute votre énergie au travail… Si votre corps est épuisé, il lui est impossible de s’exprimer à son plein potentiel alors ne soyez pas trop dur avec vous même après cette séance « ratée ».

Fatigue = Volume x Intensité

La fatigue peut donc se mesurer de plusieurs manières… Mais si on reste simple, on peut dire que la fatigue se mesure en fonction du volume et de l’intensité de notre entraînement. On peut très bien être aussi fatigué après un gros entraînement fractionné de 45’ qu’après une sortie longue de 2h30. La fatigue va juste s’exprimer différemment !

Ce sont les extrêmes avec lesquels il faut faire attention. Les sorties les plus longues et les entraînements les plus intenses sont ceux qui demandent le plus de récupération. Et comme on va entrer dans une phase d’entraînement qui va utiliser des séances plus longues et des séances progressivement plus difficiles… C’est là qu’il faut bien planifier son entraînement. En soi, rien à faire pour vous, le plan d’entraînement est étudié pour ça ! Respectez les basiques de la récupération qu’on a vu précédemment et vous serez ok ! Mais pour que vous compreniez en détail ce qu’implique chaque type d’entraînement je vais vous détailler les trois catégories et trois temps de récupération nécessaires. Ça répondra au passage à ceux qui me demandent s’ils peuvent changer le planning et faire des séances à la suite. En théorie non car ça diminue le temps de récupération qui est nécessaire pour récupérer et progresser !

Gérer la fatigue selon son intensité

Entraînement facile
= Fatigue minimale

12 à 24h de récupération

Les entraînements faciles, ce sont les footings en endurance fondamentale. À ce rythme, plus on est entraîné, plus on peut courir longtemps sans générer de fatigue. C’est pour ça que leur durée augmente progressivement pendant la préparation du marathon ! Ils vous permettent d’augmenter votre endurance sans fatigue supplémentaire et donc sans risquer de vous blesser.

Attention quand même à l’allure à laquelle vous les courez… Car ce que je viens de dire ne marche que si vous êtes strictement dans la zone d’endurance fondamentale ! Si vous courez même un peu plus vite vos footings, vous allez générer de la fatigue, moins bien récupérer et au fur et à mesure vous fatiguer excessivement et ne plus progresser, c’est un classique !

Entraînement moyen
= Fatigue à considérer

24 à 48h de récupération

Ce ne sont pas les entraînements les plus longs ou les plus intenses mais ils sont quand même à considérer car la fatigue générée est loin d’être négligeable. Dans le cas de ce plan d’entraînement marathon, on peut considérer l’entraînement du samedi (pour ceux qui ont choisi l’option 4 séances / semaine) comme un entrainement moyen, dans le plan 3 séances / semaine, il n’y en a pas.

Le samedi, la durée de l’entraînement reste relativement courte et l’objectif n’est pas de finir totalement cramé de cette séance. Simplement de générer une pré-fatigue avant la sortie longue du dimanche. Car oui, s’entraîner en récupération incomplète peut avoir son intérêt, en particulier dans une préparation marathon. Mais il faut faire attention avec ça (je vais revenir sur ce point).

Entraînement difficile
= Fatigue importante

48 à 72h de récupération

La séance de fractionné et la sortie longue… Ce sont les entraînements les plus intenses de la semaine pour le corps. En particulier dans la deuxième partie du programme. Même si la sensation est très différente, dans ces deux entraînements on va utiliser énormément d’énergie et générer beaucoup de fatigue. Mais c’est aussi là que les progrès sont les plus importants.

Les 48h de récupération qui sont placées après ces deux entraînements ne sont pas là pour rien, elles sont là pour maximiser les progrès que vous allez réaliser grâce à ces entraînements clés ! Dans le cas du plan à 5 entraînements par semaine, il y a un footing de récupération au lendemain du fractionné. Néfaste ? Non, car couru à allure très lente, il ne génère pas de fatigue supplémentaire et va au contraire aider à mieux récupérer.

Pourquoi un enchaînement samedi / dimanche avec récupération incomplète ?

Le footing et les côtes du samedi (pour le plan à 4 et 5 entraînements par semaine) sont donc là pour générer une pré-fatigue. Pourquoi ? Tout simplement parce que parmi les clés pour réussir sur marathon, il y a la force et l’endurance musculaire. Les défaillances sur marathon sont souvent attribuées au « mur du marathon » mais derrière ce mur se cache souvent une incapacité à tenir correctement sa foulée pendant 42 km ! Les côtes vont donc d’abord servir de renforcement musculaire. Et la petite fatigue accumulée lors de cet entraînement va servir à entamer la sortie longue du dimanche avec les muscles encore un peu fatigués. Ainsi, on va se rapprocher un peu plus des conditions du marathon !

Et la semaine d’assimilation dans tout ça ?

L’entraînement que je vous propose est composé de cycles de 4 semaines. D’abord 3 semaines d’entraînement avec une bonne intensité en continu. Au fur et à mesure que vous allez avancer dans l’entraînement, vous allez accumuler de la fatigue. C’est normal, c’est le but ne vous inquiétez pas. C’est à ça que sert la dernière semaine du cycle. Un peu moins intense mais surtout avec un kilométrage vraiment réduit qui va permettre à votre corps d’effacer totalement cette fatigue. L’entraînement pendant cette semaine sert seulement à conserver les progrès acquis dans les semaines précédentes. Ainsi, vous serez prêt à repartir pour un autre cycle d’entraînement avec un niveau de forme équivalent mais une fatigue remise à zéro !

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En route pour une bonne récupération !

Prêt pour cette première semaine d’assimilation du programme ? Normalement avec les sujets des deux dernières semaines, vous ne devriez pas être inquiet car vous savez que c’est dans les périodes de repos que l’on progresse. Utilisez cette semaine d’assimilation pour bien récupérer et emmagasiner de l’énergie pour bien vous entraîner dans les semaines à venir !


30’ EF
CONSEIL DU COACH

Début de la semaine d’assimilation / de récupération. Toutes les séances vont baisser en volume et en intensité. Pour commencer, un simple footing lent, relax pour vous reposer des trois premières semaines


15’ EF

8×1′ allure 10km / récup: 1′ EF

5’ EF
CONSEIL DU COACH

La séance de fractionné de cette semaine est facile (allure plus lente, fractions plus courtes et volume plus faible), ne cherchez pas à en faire plus c’est normal, c’est une semaine de récupération !


1h20 EF
CONSEIL DU COACH

Une sortie longue d’1h20 seulement, à nouveau pour privilégier la récupération. Peu de fatigue et des batteries qui seront bien rechargées pour attaquer la suite !


40’ EF
CONSEIL DU COACH

Début de la semaine d’assimilation / de récupération. Toutes les séances vont baisser en volume et en intensité. Pour commencer, un simple footing lent, relax pour vous reposer des trois premières semaines


15’ EF

5×2′ allure 10km / récup: 1′ EF

5’ EF
CONSEIL DU COACH

La séance de fractionné de cette semaine est facile (allure plus lente, fractions plus courtes et volume plus faible), ne cherchez pas à en faire plus c’est normal, c’est une semaine de récupération !

REPOS
CONSEIL DU COACH

Repos ! Utilisez le temps habituellement alloué à votre séance pour vous reposer un maximum !


1h20 EF
CONSEIL DU COACH

Une sortie longue d’1h20 seulement, à nouveau pour privilégier la récupération. Peu de fatigue et des batteries qui seront bien rechargées pour attaquer la suite !


30’ EF
CONSEIL DU COACH

Début de la semaine d’assimilation / de récupération. Toutes les séances vont baisser en volume et en intensité. Pour commencer, un simple footing lent, relax pour vous reposer des trois premières semaines


15’ EF

5×2′ allure 10km / récup: 1′ EF

5’ EF
CONSEIL DU COACH

La séance de fractionné de cette semaine est facile (allure plus lente, fractions plus courtes et volume plus faible), ne cherchez pas à en faire plus c’est normal, c’est une semaine de récupération !


40’ EF
CONSEIL DU COACH

Le classique footing de 40′. Objectif relâchement et focus sur une technique efficace !


30’ EF

8x100m environ en accélération progressive

5’ EF
CONSEIL DU COACH

Pas de côte en semaine de récup mais quelques 100m progressifs pour garder l’habitude du rythme rapide


1h20 EF
CONSEIL DU COACH

Une sortie longue d’1h20 seulement, à nouveau pour privilégier la récupération. Peu de fatigue et des batteries qui seront bien rechargées pour attaquer la suite !