Salut les Addicts, après la récit de ma non course, c’est au tour de Baptiste de nous parler de la sienne, pas une grande réussite non plus, les dieux du trail n’étaient pas avec les Running Addicts pour l’UTHC cette année…
C’était l’objectif de l’année, ce que je pensais être ma plus grosse course depuis que je cours. Cela fait quasiment un an que je suis inscrit, mais en un an il peut s’en passer des choses et la motivation ainsi que la confiance en soi joue facilement au yoyo.
Pour ceux qui ne me connaissent pas personnellement, voici un peu comment s’est passée ma prépa durant cette année et ce qui m’a amené à ne pouvoir courir que les 22,5 premiers kilomètres de ce 65.
Fin 2014 donc, Aurore et moi nous sommes inscrits à cette belle course après un long break pour moi. De quoi aider à retrouver la motivation ! J’ai beaucoup couru de décembre à juin avec des semaines entre 60 et 110km, de belles séances de qualités et des courses plus ou moins réussies mais toutes terminées. So far so good hein !
Et puis cet été a été plus compliqué niveau course à pied, magnifique mais compliqué. Dans l’ordre i l y a eu:
– Le KV en Gaspésie fin juin enchaîné par un beau road-trip en Floride où je n’ai pas couru un kilomètre en 3 semaines.
– Fin juillet le semi de SF et à nouveau un gros road-trip de 3 semaines sur la côte ouest. A nouveau rien durant ces trois semaines.
– Le 35km du XC de la vallée de retour de ces vacances pour palier au manque d’entrainement. Petit problème, mon genou a méchamment tapé un rocher dans la boue …
– La semaine qui a suivi, un gros bloc d’entraînement 70km en moins de 36h. Ça aurait pu passer, mais au lieu de ça j’ai récolté une belle douleur au genou.
– Encore un mois avec quasi rien pour bien le reposer. Je fais quelques footings de temps en temps pour contrôler mais c’est pas top. Le mardi juste avant la course, toujours cette même douleur…

Jour J
Je décide quand même de prendre le départ même si je me suis réveillé en sueur et tout essoufflé pendant la nuit avec une vive douleur au genou. J’étais en train de rêver que j’étais au kilomètre 30 et que j’ai pris une grosse gamelle me réveillant alors ma douleur au genou. Mon cerveau me joue des tours !
4h le réveil sonne, c’est tôt en taba***k mais il faut aller prendre la navette à 5h qui nous amène sur le lieu de départ qui lui est à 7h. Comme pour le XC de la Vallée je trouve le trajet interminable et autant les School Bus jaunes sont rigolos pour nous français, autant qu’est-ce qu’on y est mal assis !

Un petit mot de Sébastien Cote fondateur de la course et de Sébastien Chaigneau président d’honneur et c’est parti pour deux kilomètres de route en descente qui passent très bien, le corps se réchauffe un peu et c’est pas plus mal, au niveau du genou RAS. On entame un piste forestière très large et très roulante, je me cale avec quelques personnes qui ont un bon rythme de croisière sans trop vouloir forcer non plus, la route est encore très longue et les panneaux kilométriques sont là pour en témoigner. On attaque alors un petit sentier, le plus beau du parcours (enfin, de ce que j’en ai fait !) avec par terre de la mousse, des racines et des gros blocs de pierre.
Après 8km, on attaque la montée, sur le parcours je la voyais plus franche et plus pentue mais il n’en est rien. On pourrait la courir sans problème hormis le fait qu’il y a là aussi beaucoup de boue, des grosses pierres glissantes et des troncs d’arbre à franchir.
Au kilomètre 10 ma douleur au genou se réveille d’un coup. C’est fini. Je ne peux plus courir, je dois mettre le clignotant sur le côté et laisser passer tout le monde. Je marche jusqu’au premier ravito qui est très loin, à 12,5 kilomètres encore: un calvaire. En plus à force de boiter j’ai mal à la hanche droite .. pas top du tout.
2h30 plus tard j’arrive enfin au ravito, ma décision est prise et réfléchie depuis très longtemps: j’abandonne. Pas un joli mot celui là. Une coureuse est déjà là assise sous une couverture et me fait de la place sur une chaise à côté d’elle. Elle est tombée et s’est ouvert la lèvre. Florent Bouguin, alors à la troisième place du 125km arrive, il décide de remettre les armes, décision personnelle mûrement réfléchie pour lui aussi et que je respecte totalement. Nous lui faisons à notre tour un peu de place.
Aurore arrive quelques minutes plus tard, elle est bien même si en retard sur son planning de course. Elle sait qu’elle ne sera pas à temps pour la barrière horaire du kilomètre 47 mais continue quand même. Quelle guerrière !!
On monte tous les trois dans la voiture d’un bénévole qui nous raccompagne à l’arrivée. Le trajet est tout aussi long si ce n’est plus, mais au moins on est bien assis. Dans la voiture on discute un peu, on se raconte notre course et pourquoi nous avons abandonné. Premier DNF pour tous les trois.
En tirer des conclusions
Je ne suis pas triste de cet abandon dans le sens où je ne pouvais tout simplement pas continuer. Il me restait encore un marathon avant de finir la course et tenter de la finir avec une telle douleur au genou aurait été une vraie bêtise. Je suis un peu déçu par contre oui. L’UTHC est une course magnifique, 65km un très beau défi que j’aurai aimé accomplir samedi mais ce n’est pas grave, c’est que du sport.

Piqûre de rappel
L’attente d’Aurore sur la ligne d’arrivée le soir aura été pour moi une vraie piqûre de rappel de pourquoi est-ce que j’aime ce sport. Voir les dernières personnes du 65km arriver et ceux du 125 dans une telle ambiance. Etre là debout témoin de leurs émotions. Le stress aussi d’attendre Aurore, il fait bien nuit et même si je sais qu’elle n’est pas seule dans ces sentiers.
Et puis il y a eu ces rencontres que seuls de rares sports te permettent. Comme je le mentionne plus haut j’ai pu parler pendant un moment avec Florent Bouguin et Joan Roch, deux des meilleurs traileurs québécois que je connaissais un peu déjà, l’un pour l’avoir croisé lors d’un footing et l’autre pour avoir été mon lapin sur mon premier semi-marathon. Puis il y a eu Sébastien Chaigneau, président d’honneur de cette année qui après avoir gagné le 28km a attendu sur la ligne d’arrivée les derniers concurrents de cette course, puis ceux de 65 et même du 125. Il y avait aussi Alexis Berg, peut-être nous vous dit-il rien mais c’est un des quelques photographes du magazine Nature Trail et il suit l’ensemble des épreuves de l’Ultra Trail World Tour. Petite escale au Canada avant de s’envoler avec Séb au Mont Fuji. Un plaisir de partager nos expériences mutuelles et d’en apprendre beaucoup.
Pendant ces deux heures où nous parlions, la petite flamme qui vacille souvent chez moi en fin de saison s’est rallumée, j’ai vite oublié ma déception et j’ai déjà envie de repartir pour des nouvelles aventures!
Encore un grand bravo à Aurore qui a terminé sa course au mental.


C’est ça aussi le sport, bravo, pour les 12km courus avec un genou en moins et pour cette façon de relativiser, c’est pas donné à tout le monde!
Merci Aurélie. J’essaye de relativiser, enfin depuis deux semaines se sont écoulées donc j’ai bien eu le temps de digérer, en regardant autour de moi et de voir à quel point j’ai de la chance quand même.
Bonne journée :)
Felicitations à vous deux,Même si l’important est de participer,je comprends ta déception de ne pas être aller au bout,ce n’est que partie remise,remets toi bien de ta blessure et sois patient(grande vertue)un grand bravo à Aurore,tu vois la roue tourne!!!
Bravo à tous les 2 pour votre courage et votre persévérance.
Belle leçon pour nous