“- Alors qu’est-ce que tu en as pensé ? C’était bien ?
– Ouais ça va. Voilà je voulais en faire un, j’en ai fait un mais je ne pense pas que j’en ferai d’autres, c’est trop dur. T’as les mollets en feu du début à la fin et le goût du sang dans la bouche….”
Cela ressemble plus ou moins à la conversation que j’ai eu avec Aurore à la fin de mon premier Kilomètre Vertical à Chamonix il y a exactement un an.
Et puis il y a eu le salon de l’UTMB sur Chamonix fin août. Pierre -une des premières personnes que j’ai rencontré dans le milieu du trail y était présente et tenait un stand pour présenter sa course. Et juste en face, Matt présentait la sienne. Une longue fin de semaine durant laquelle plusieurs courses sont organisées dans le Parc National de la Gaspésie. Avec Aurore on chauffe Pierre pour qu’il vienne découvrir un peu le Québec et qu’il en profite pour courir l’ultra. Aurore elle, décide de s’inscrire sur le marathon, puis moi craignant le coup de fatigue sur ces grosses courses mais ne voulant pas non plus ne rien faire, je m’inscris sur le fameux Kilomètre Vertical. Oui oui, la course dont je parle plus haut et que je ne devais plus jamais faire !
Mais au fait, un K-quoi ?
KV, c’est le petit nom mignon donné au Kilomètre Vertical. Le but du jeu : prendre 1000m de D+ sur la plus courte distance possible. Les plus longs doivent faire aux alentours de 5km (soit une pente à 20%). À Chamonix, le parcours est d’environ 3km pour une pente à 30% donc et un des plus courts est le Kilomètre Vertical de la Fully en Suisse: 1,6km !! Un parcours plus ou moins linéaire, plus ou moins technique mais qui ne fait que monter. Et pour éviter les embouteillages et rajouter un peu de piquant, un départ de contre la montre. En général un départ toutes les 10 secondes, ou bien comme ici 3 départs par minute.
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Un long voyage pour un seul kilomètre vertical!
La Gaspésie c’est beau, mais ça se mérite.
Après une première longue journée entre avion, escale et avion pour rentrer de France où j’ai passé quasiment deux mois, une courte nuit, et une deuxième journée de voiture (800km) nous voilà enfin dans le Parc National de la Gaspésie. Un endroit sublime. Enfin une nuit de repos, et le lendemain matin c’est la remise des dossards.
Bizarrement je ne ressens aucune pression, mais tant mieux. En même temps pas vraiment de quoi en ressentir non plus. Je ne suis pas du tout préparé, pas une seule séance de côtes depuis bien longtemps, mais je sais que c’est court, 5,4 km, 1000m D+ en 1H max c’est fini donc pas de quoi en faire un plat non plus. Je voulais juste faire mieux que l’an dernier où j’avais mis un poil plus d’une heure.
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Départ 14h11
C’est précis mais c’est comme ça. 3 personnes partent en même temps avec 1 minute d’écart entre chaque groupe. Je devance rapidement les autres coureurs. Pour le moment la pente est douce et le terrain vraiment peu technique, mes Salomon S-lab Sense Ultra en attendent plus ! Je me dis que si c’est comme ça tout le long ça va être du gâteau -enfin presque hein. Au bout d’environ 1 kilomètre, je retrouve Aurore qui prend quelques photos et m’encourage, un peu plus haut Yoann (un ami de Pierre qui est aussi inscrit sur l’ultra et fait le voyage avec nous) qui se met dans ma foulée pendant quelques centaines de mètres histoire de m’encourager. Mais rapidement la pente s’accentue et le terrain devient vraiment technique. Il a beaucoup plu ces derniers temps ici en Haute Gaspésie, rendant les racines, roches et pontons très glissants. Mais comme ce n’est que de la montée, pas besoin d’être hyper concentré. J’alterne d’entrée marche et course, sur un bon rythme quand même, espérant pouvoir tenir comme ça tout le long. Et ça tient, je double quand même pas mal de monde dans la montée, on s’encourage à chaque fois, c’est sympa. Je me retourne de temps en temps, j’ai “peur” de me faire doubler, mais en même temps j’aimerai bien que quelqu’un me revienne un peu dessus, ce qui ferait un petit challenge supplémentaire. Mais ça ne revient pas. Les kilomètres sont longs, j’alterne toujours marche et course. J’essaie de deviner combien de temps je vais mettre. Moins de 55′ c’est jouable, si je me bouge un peu les fesses et que je n’explose pas en vol. Les mollets tirent un peu, le cardio est pas mal haut, j’ai le goût du sang dans la bouche, c’est bon je suis bel et bien sur un Kilomètre Vertical même s’il est loin d’être aussi dur qu’à Cham’. Mais en même temps il est beaucoup plus long, difficile de comparer.

J’arrive bientôt au sommet, je double quelques randonneurs, ils m’encouragent et ça fait du bien, un coup d’œil derrière me permet de voir le skyvillage tout en bas. Un beau névé s’offre à moi, il y a une corde. Je la saisis pour la lâcher rapidement, cela ne m’apporte rien. La neige est glissante, très dur à courir mais je vois le drapeau en haut, je cours, je glisse beaucoup mais je fais l’effort de courir ces derniers mètres. Je quitte la neige et arrive dans les cailloux, décidément il se mérite ce sommet ! Je donne tout ce que j’ai et j’arrive enfin au drapeau orange qui marque la ligne d’arrivée de ce Kilomètre Vertical. Les quelques coureurs déjà au sommet me disent que pour l’instant j’ai fait la plus grosse fin de course et ça me fait plaisir. On me remet ma médaille et une petite veste pour ne pas avoir trop froid en haut.
La vue est splendide, je prends quelques photos et retrouve Ian. J’ai eu l’occasion de courir un peu avec lui lors des sorties que Salomon organise sur Montréal. On discute un peu, il court l’ultra le lendemain et vient de boucler ce Kilomètre Vertical en un temps canon. Je regarde ma montre, je termine en 52 minutes :)
On décide de redescendre tranquilou au village. Il fait pas chaud en haut et en bas Aurore,Pierre et Yoann m’attendent et je ne veux pas trop les faire traîner car ils ont des grosses courses ensuite.

Au final je termine 7ème de cette belle montée et je suis hyper content. Cela m’a redonné le goût d’en faire d’autres, et pourquoi pas un jour un K2 qui n’est rien d’autre qu’un double Kilomètre Vertical !! La suite du week-end a été assistance des autres coureurs. Tout aussi stressant et fatiguant que courir mais super sympa aussi.

A bientôt les addicts !

Merci!
J’envisage le faire l’an prochain! J’espérais pouvoir parler avec une personne qui l’avait fait; ton récit
est magique. Dommage qu’il n’y ait pas beaucoup de photo! Bravo à toi et à tous ces coureurs(euses).
Bonjour Jardielle,
Si tu veux plus d’infos et de photos, tu peux m’envoyer un message privé sur mon facebook ( Baptiste Besse – photo de profil en train de couper du bois) ;)
Bonne journée
Bravo
Félicitations.
Serait-ce possible de me partager le parcours de ce KV? Je serais très intéressé de le voir. Merci!