On garde toujours le meilleur pour la fin. Cette semaine intensive de préparation trail running en montagne se termine donc sur une grosse sortie. Le genre de grosse sortie qui ressemble à un saut dans le vide, petit trailer débutant que je suis. Pourquoi ? Parce que faire des trails de 30km comme l’EcoTrail de Paris ou le Trail du Vieu Lavoir, c’est bien mais à eux deux ils ne représentent même pas le dénivelé total qu’une belle sortie running trail en montagne peut offrir. Mais en même temps n’est-ce pas cela qui est excitant ? Courir dans l’inconnu, allez explorer des limites physiologiques jusque là inconnues ? C’est parti pour le running trail de la Saulire 2014 !
Préparation trail en montagne : L’indispensable carte!
Pas d’improvisation possible, la montagne ne pardonne pas, ce n’est pas une fois perdu à 2.000m d’altitude et en hypoglycémie qu’il faudra cherche son chemin (même si bien sûr on aura emporté son téléphone portable dans son équipement trail pour palier à tout problème !). Du coup je me suis équipé pour cette sortie avec mon cuissard compression salomon, mon sac hydratation Salomon, bref la tenue des grands jours ! :D
C’est donc le nez dans la carte représentant les chemins de randonnée que je choisi mon itinéraire. Objectif ? Grimper le plus haut possible pour ressentir cette oppression caractéristique de la course en altitude. Dans l’euphorie de la préparation on a envie on se croit sans limite et on a envie de pousser plus loin pour se mettre un vrai défi! L’image ci-dessous représente la deuxième version de mon trajet, la première était vraiment très optimiste. Dans une préparation trail en montagne, il ne faut pas brûler les étapes, la montagne gagne toujours.
Ce sera donc un trail de montagne classique, une grande montée suivie d’une grande descente. 1200m de dénivelé positif, la même chose en négatif, le tout pour environ la distance d’un semi-marathon. ça d’annonce fun (et dur !)
Une montée de col se gère !
En effet, pas question de se cramer dès les premiers kilomètres de la sortie car la montée dure 10km. C’est donc en dedans que je démarrerai cette sortie sans réellement d’autres indications que mes sensations puisque je ne cours pas avec un cardio et que l’allure de ma Garmin Forerunner 230 ne m’est d’aucune utilité avec la pente. Surtout que les plus forts pourcentages sont à la fin lorsque les effets de l’altitude se feront sentir, il faut donc garder du jus! Lorsque le cardio monte trop, un peu de marche pour le faire redescendre. Les 5 premiers kilomètres se feront ainsi majoritairement en courant (enfin en trottinant), jusqu’au moment de traverser une couche de nuages bas qui cachaient jusque là des pentes bien plus importantes. Côté ravitaillement, un gel énergétique Gu (petit aparté, le goût de cet expresso est juste exquis !) et de l’eau tout au long de la montée, bref le nécessaire pour ne pas défaillir au milieu de la montée.
Courir en altitude ça pique!
Je suis déjà à 2100m d’altitude et pour le moment, après une semaine d’acclimatation à l’altitude, tout va pour le mieux niveau respiratoire. (Enfin tout va pour le mieux pour quelqu’un qui se tape de la côte depuis plus de 5km, qu’on s’entende bien !) C’est une fois arrivé à 2400m quand le terrain devient plus technique et les pourcentages plus importants que ça commence clairement à se compliquer. Avec un dernier kilomètre ravageur à plus de 200m de dénivelé positif, l’arrivée aux 2700m du sommet du Col de la Saulire se fera dans la douleur! Et accessoirement avec un coupe vent car il caille là haut.
Mais quel plaisir de se dire qu’on est arrivé en haut… Surtout quand le soleil pointe enfin le bout de son nez pour réchauffer un trailer. Car oui ça y est je me sens trailer, j’ai relevé mon défi. Pas besoin de faire une course pour cela, une belle grimpette en solitaire me suffit, j’ai gagné cette course contre moi-même!
La descente en montagne : un gros effort
Malgré un ravitaillement en haut, la sortie dure déjà depuis 1h25 avant d’attaquer la descente. Pas question donc de se précipiter avec des jambes encore lourdes de l’effort fourni pour grimper au sommet. Les premières pentes à fort pourcentage sont négociées avec précaution, tout comme les parties techniques. C’est l’avantage de faire cette découverte du trail en montagne seul et pas en course, on est moins tenté de se prendre pour Kilian Jornet en descente… Un nouveau gel au 14ème kilomètre quand je sens la lucidité commencer à diminuer à nouveau et c’est reparti sur un parcours bien plus roulant pour 7 kilomètres roulants, peu techniques sur lesquels mes grandes jambes de pistard peuvent s’exprimer! Courir entre 4′ et 4’25 au kilomètres sans avoir à forcer, c’est un régal! Surtout que les 5 kilomètres seront courus avec un partenaire rencontré en chemin à discuter de la montagne, de préparation trail running et de la course à pied en général.
Préparation running trail en montagne : Check !
2h22 pour faire ces 21km et regarder d’en bas le sommet duquel je reviens, fier de mon parcours, le sourire aux lèvres… Rien à ajouter, c’est ce que je venais chercher à la montagne et je n’ai pas d’autres mots pour décrire cette joie intérieure de l’avoir fait ! Alors OK je n’ai sûrement pas pris les parcours les plus techniques que la montagne offre, mais c’est plutôt sage je trouve pour un débutant! Mais un jour je reviendrais ! En attendant, je vais m’entraîner sur les 25 bosses de Fontainebleau avant.







Super article! Je crois que je ne pourrais jamais me lancer là dedans, famille et éloignement de la montagne obligent mais j’ai partagé ta joie :)
Avec un peu de recul maintenant que je suis rentré et à nouveau dans le train train quotidien… J’ai vraiment hâte de pouvoir refaire ça! :D
Pour bien connaître le coin, y’a un itinéraire sympa. Tu vas jusqu’au plan de Tuéda en longeant le versant, puis tu montes à gauche jusqu’aux derniers immeubles. Derrière y’a un petit chemin qui emmène dans une partie boisée. Tu la prends, tu passes un tout petit ruisseau sur une passerelle. De là tu suis le chemin puis tu arrives au bas du col du fruit. Tu le grimpes puis tu reviens par le col de la Saulire. ça sera pas forcément plus dur, mais bien plus joli…
à+