On me parle souvent de chaussures en course à pied. Et voici les phrases que je lis et entends souvent :

Hey Running-Addict, c’est quoi les meilleures chaussures en course à pied ?
Les Nike ça fait courir beaucoup plus vite non ?
Je me suis blessé en portant cette chaussure laquelle devrais-je choisir ?
Minimaliste ou Maximaliste c’est quoi le mieux ?
Drop 4mm 8mm ou 0 drop ?
Pronateur ou supinateur ?
Une seule ou plusieurs paires ?
Et tu les laces comment ?
Et tu les changes après combien de kilomètres ?

STOP ✋ Ce ne sont que des chaussures 🙂

Ce que je pense vraiment des chaussures en course à pied ? Que vous vous posez beaucoup trop de questions !

Le choix d’une chaussure dans laquelle on se sent bien pour courir est important, c’est même la priorité. Mais au-delà de ça, la différence entre les différentes marques, entre les différents modèles n’est pas si énorme. Si vous ne faites pas de changement radical en essayant de passer d’une Hoka à une Five Finger du jour au lendemain par exemple, la chaussure n’est pas selon moi un élément clé de la course à pied.

En fait si, c’est un élément clé. Ce que je veux dire c’est qu’aujourd’hui le marché de la chaussure est très mature, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises chaussures. Il y a juste des chaussures dans lesquelles vous allez bien vous sentir, qui vont être adaptées à votre manière de courir, à la morphologie de votre pied… et à vos préférences tout simplement.

>> À LIRE : Le guide complet pour choisir la chaussure qui VOUS convient !

On est tous différents… nos pieds aussi !

Les chaussures en course à pied : on leur donne trop d’importance !

Alors oui, je me suis remis aux tests de chaussures cette année. J’hésite d’ailleurs un peu à continuer pour cette raison. Et c’est pour ça que dans mes tests, je mets l’accent sur le ressenti que j’ai dans une chaussure plus que sur leurs caractéristiques en tant que telles. Parce qu’au final que je cours avec une chaussure ou une autre, la différence que ça va avoir dans ma course est minime, c’est le ressenti qui change le plus.

 

Et même quand on parle de ressenti, c’est compliqué, Car il faut savoir qu’il pourra être totalement différent d’un coureur à l’autre. Typiquement, j’en discutais avec Dominic mon physio la semaine passée. J’ai un pied long et fin, un pied très différent du sien qui est beaucoup moins long mais aussi beaucoup plus large. Clairement on ne va pas apprécier une chaussure de la même manière du tout.

Les chaussures large vs étroites pour courir : vision de la toebox altra VS classique
Sources : https://www.altrarunning.com/blog/altras-core-3.html

Ma « bonne » chaussure de course à pied n’est pas la tienne

Les exemples sont nombreux. Certaines chaussures vont avoir un avant pied très large (type Altra). Cela laisse le pied libre de ses mouvements. D’autres c’est plutôt l’inverse. Et puis on va avoir des chaussures plutôt rigides où le pied est extrêmement guidé dans son mouvement (comme la Nike Zoom Fly et sa plaque carbone). D’autres seront beaucoup plus flexibles (comme la Saucony Kinavara) où le pied fait plus ou moins ce qu’il veut.

La hauteur de semelle (Hoka VS Five Fingers) et la souplesse de la mousse jouent aussi. Cela va donner un ressenti plus ou moins confortable à l’impact au sol. Et le drop va induire une pose du pied plus ou moins orientée talon ou medio-pied. Mais plus de drop c’est aussi plus de support du talon et du tendon d’Achille. Ce qui peut être bénéfique si l’on est fragile à cet endroit !

Bref, j’ai pris quelques exemples parmi des dizaines que l’on pourrait disséquer et qui font que le choix d’une chaussure c’est très individuel. Et donc que dans mes tests je vous parle de ressenti, de sensations qui pourront vous aider à vous reconnaître ou pas dans le profil d’une chaussure.

>> À LIRE : Le prix des chaussures, on en parle ? Est-ce justifié ?

La chaussure influence-t-elle la performance en course  ?

la polémique autour des chaussures de Nike à plaque carbone

Et en ce qui concerne la performance, je pense que les qualités mécaniques du corps humain sont bien plus importantes que le choix de telle ou telle chaussure. Pour ceux qui sont obnubilés par le retour d’énergie des Vaporfly et autre chaussures à plaque carbone, je vous invite à aller voir cette vidéo de Coureur Intelligent, qui tente de démontrer que le retour d’énergie que notre corps est capable de créer est beaucoup plus important que celui de la chaussure.

Ça fait réfléchir non ? Je ne dis pas que les chaussures n’apportent rien, je dis que je suis convaincu qu’elles n’apportent pas autant qu’on ne le pense. Par contre, on est dans uen telle spirale positive de performance que l’effet réel est boosté par l’effet placebo. J’assume mes propos même si cela fait polémique ! 😉

Regardez par exemple la progression d’Eliud Kipchoge que j’ai déjà analyé. Je pense que sur marathon on peut donner 1′ à la chaussure si on est gentil. Mais c’est un maximum selon moi. Les perfs que l’on voit avec des athlètes jeunes, c’est juste l’éclosion de l’entraînement structuré en Afrique de l’est. Et sûrement du dopage me diront certains. Peut-être oui, mais jusqu’à preuve du contraire… je suis pour la préemption d’innocence. 🤷‍♂️

>> À LIRE : La Hoka Carbon X reste mon coup de cœur de 2020

Y a-t-il des chaussures qui blessent + que d’autres ?

Sur le sujet des chaussures de course à pied qui blessent ou qui ne blessent pas, là aussi c’est plus complexe que ça. Donner la faute à la chaussure c’est la solution de facilité. La majeure partie des blessures sont simplement liées à des erreurs que l’on fait.

Courir avec une chaussure en course à pied qui est trop usée ou inadaptée, oui, peut-être. Mais les erreurs d’entraînements sont beaucoup plus probables. En faire trop, trop vite, s’entraîner avec une mauvaise récupération ou ne pas écouter les petites douleurs, les signaux de fatigues que le corps nous envoie. C’est là que se nichent la majeure partie des blessures.

>> POUR ALLER PLUS LOIN : Pourquoi on se blesse au final ?

Les chaussures de saucony :semelle très flexible et drop 4mm
Saucony Kinvara 11

Alors c’est quoi une bonne chaussure en course à pied ? 🙂

Un mauvais choix de chaussure arrive, oui. Personnellement, ça m’est arrivé 3 fois je crois, d’avoir une chaussure dans laquelle je ne pouvais pas courir. Et je peux vous dire que si une chaussure n’est pas adaptée à notre pied ou à notre manière se courir, on s’en rend compte très vite. Il faut dans ce cas arrêter de courir avec, accepter qu’elle ne soit pas adaptée pour nous, et ne pas aller jusqu’à la blessure.

>> À LIRE : Quand changer vos chaussures de running ?

Bref… voilà pour cet article de réflexion sur les chaussures en course à pied. Je pense personnellement que leur rôle est surévalué. Ça reste mon avis et j’ai hâte de lire le vôtre en commentaire !

6 COMMENTS

  1. En effet quelques petites coquilles dans le document et peu de nouvelles informations apportées…
    On oublie bien trop souvent de parler du poids de la chaussure qui est un facteur certain de la performance (100g sur une paire de chaussure est beaucoup plus important que 100g sur le poids du corps par exemple).

  2. Bonjour
    Ton article est cash et bien tourné.
    Les coquilles ça arrive et ça n’enlève pas la qualité du fond qui est : faites vous confiance et faites confiance à vos sensations, d’une part!
    Et d’autre part:: c’est bien de chercher à améliorer tous les paramètres extérieurs, mais l’essentiel de l’affaire c’est soi, et la manière dont on réfléchit la course, chacun doit porter sa part, et l’accepter j’espère que j’ai bien compris !
    Bien à vous!
    Isa

  3. Il faudrait considérer le trail et la route séparément. En route c’est assez uniforme puisque les contraintes de conception sont plutôt fixes. Il y a 3-4 distances repères, et du sol plat et goudronné. Donc c’est assez normal que les chaussures finissent plus toutes plus où moins se valoir.
    En trail ce n’est pas le cas. Il y a des chaussures très mauvaises (en fait mieux vaut éviter les marques trop généralistes, j’ai personnellement eu une très mauvaise expérience avec une certaine marque à 3 bandes) Et le choix de la chaussure a quand même son importance en fonction du type de terrain, de la distance et de la technicité du parcours. Même dans une même marque on trouve des profils de chaussures très différents.

    Le choix du drop est aussi plutôt important. Un coureur débutant qui talonne et qui court avec un trop faible drop a toutes les chances de se blesser, où du moins de générer des douleurs.
    Pour un même coureur, le drop doit être adapté au parcours. François D’Haene par exemple court ses ultras en drop 8 (pour terminer plus « frais » au niveau des mollets) et les autres courses en drop 4. Personnellement au delà de 25-30km avec mes drop 4 j’ai des douleurs au tendon d’Achile mais en revanche c’est ce que j’utilise pour les courtes distances. Au delà je passe sur du drop 8. Bref c’est quand même un paramètre qui a son importance.

  4. 1 – Je crois aussi en l’effet placebo. Un nouveau materiel donne très souvent des ailes. Qui dirait le contraire?
    2 – Je rejoins Gael sur l’importance du poids des chaussures.
    3 – Par ailleurs, pour ce qui est des blessures, je peux dire que les NIKE Vomero 14 qui ont une semelle plus souple ne me créent pas de douleur aux genoux, alors que les BROOKS Ricochet m’usent malheureusement plus. Contact plus direct au sol, … peut etre plus d’impact qu’avec les NIKE. Ce n’est sans doute pas lié aux 2 mm de drop de différence. Franchement, je ne sais pas expliquer la douleur accrue avec cette deuxième paire.

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